lundi, novembre 23, 2020
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Carnet déroutant : SOS pour la route Conakry-Boké

La Basse Guinée Nord risque fort de se couper de Conakry au cours de l’hivernage qui commence. La route Conakry, Dubreka, Tanènè connaît aujourd’hui une dégradation  inquiétante. En dépit de son étroitesse remarquable par rapport au flux de véhicules et autres engins qui l’empruntent le défoncement de la chaussée est très poussé à plusieurs endroits, les ouvrages de franchissement sont pour la plupart sur le point de céder. Le cas le plus inquiétant est celui du pont sur le fleuve Soumba à Khorira.

Ce très vieil ouvrage est aujourd’hui en lambeaux. Le chantier de construction d’un nouveau pont sur financement de la Coopération Japonaise avait suscité de l’espoir mais il s’est arrêté pour on ne sait quelle raison. Sous le poids des gros porteurs qui y passent (camions chargés de sable, gros porteurs et engins des dizaines de compagnies minières qui opèrent à Fria, Boffa, Boké, Télimélé et Gaoual.) le pont de la Soumba est en train de se dégrader de façon inquiétante et peut se rompre à tout moment. De longues files de véhicules se forment des deux côtés  du fleuve pour la traversée qui prend de nombreuses heures pour les usagers.

La dalle du pont très défoncée est en train de s’affaisser et les garde-fous dont une partie a été cassée il y a quelques mois, par un camion chargé de sable, sont tous dérangés et donnent l’impression de tomber.

La route Conakry-Boké bitumée sous le régime du feu Général Lansana Conté pour un trafic peu intense connaît aujourd’hui un très grand  flux avec la présence d’une vingtaine de compagnies minières qui y font circuler de gros porteurs et des engins lourds, à cela s’ajoutent les camions qui transportent la presque totalité des agrégats ( sable et  granite) utilisés pour les constructions à Dubréka , Coyah et Conakry. Malgré l’importance de cette nationale qui aurait pu aujourd’hui être une autoroute de Conakry à Boké, ni les compagnies qui exploitent les riches  minerais de bauxite de la de la Basse –Guinée Nord, ni l’Etat, ne se soucient de l’entretien de cette importante nationale qui pourtant dessert la région que le gouvernement se plait de qualifier de pôle économique de la guinée.

L’exploitation de la bauxite en Basse-Guinée a commencé dans les années 50 avec la compagnie Fria qui n’a jusqu’ici, après 63 ans de destruction de l’environnement, de soustraction et d’exportation de notre bauxite,  aucun impact sur la vie réelle des pauvres citoyens de la région et du pays. Cette exploitation s’est poursuivie avec la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG) installée à Boké (‘Sangaredi et Kamsar) depuis le début des années 70. Là aussi après 50 ans  d’exploitation même les villages riverains directs des cités industrielles manquent d’eau et d’électricité. Une revendication pour du courant électrique par le village de Kamsar collé à la cité CBG le 12 Mai dernier s’est soldée par un mort suite à l’intervention des forces de l’ordre. Il y a eu de nombreux blessés et des dégâts matériels considérables.

Aujourd’hui avec la ruée depuis 2010, des compagnies minières qui exploitent la bauxite à grande échelle dans la Basse Guinée Nord (Boffa, Boké etc.) les terres agricoles desquelles les pauvres paysans tiraient leur revenu pour vivre, sont en train de disparaitre à une vitesse vertigineuse. Avec l’ouverture de nombreuses carrières un peu partout l’environnement est en train de foutre le camp. On constate une disparition accélérée du couvert végétal et un envahissement massif des lits des cours d’eau par les terres d’érosion venant des carrières et des routes ouvertes jamais bitumées. Trouver de l’eau dans la zone devient de plus en plus difficile car à certains endroits même la nappe phréatique commence à être affectée.

Est-ce sont les petits bâtiments qui ne tiendront même pas pendant 15 à 20 ans que l’on voit quelquefois inaugurer à grande pompe à la Télé comme écoles ou postes de santé qui vont compenser tous les préjudices de cette exploitation abusive des ressources à laquelle assistent impuissantes les populations de cette région dont l’avenir est en train d’être compromis tous les jours ? Nous disons non. Les bénéficiaires de cette exploitation parmi les guinéens sont  tapis dans les bureaux climatisés à Conakry et dans les directions des compagnies. Ils doivent se raviver et avoir pitié des pauvres populations de la Basse Guinée Nord pour amener les compagnies minières à s’occuper de celles-ci de façon vraiment durable.

                                                                        Par El Hadj  Ibrahima Diallo agent de développement

 

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