L'invité de la rédaction

Abdourahmane Baldé à cœur ouvert sur couleurguinee

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« Il ne faut pas faire du Président Alpha Condé l’ennemi de ceux qui ne sont pas d’accord avec un troisième mandat. Nous avons conseillé l’ensemble des hommes et des femmes qui ne sont pas d’accord avec le troisième mandat de ne pas faire de lui un homme radical » Propos de Abdourahmane Baldé, le coordinateur de la plateforme politique démocratie guinéenne en action (DGA) dans cette interview exclusive accordée à couleurguinee

Couleur guinée : Parlez-nous de cette plateforme que vous venez de créer ?

ABDOURAMANE BALDE : C’est une plateforme qui se veut démocratique et qui veut contribuer au débat politique dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des guinéens et de l’instauration de la démocratie en république de guinée.

Pourquoi c’est dans un contexte marqué par le débat sur le troisième mandat que vous créez cette plateforme ?

ABDOURAMANE BALDE : La création de la plateforme politique démocratie guinéenne en action, n’a rien à voir avec cette histoire de troisième mandat. C’est une initiative légale d’un certain nombre de citoyens guinéens qui ont à cœur la Guinée et qui veulent se battre pour l’instauration de la démocratie en république de Guinée. Cela n’a rien à voir avec le débat politique actuel. Cela dit, nous avons notre mot à dire en ce qui concerne les velléités de modification de la Constitution ou la volonté de certains de changer la Constitution actuelle.

Des observateurs disent que certains guinéens attendent des situations de crise pour créer des mouvements politique afin d’avoir des postes dans la haute sphère de l’Etat ?

ABDOURAMANE BALDE : La plupart des grandes entreprises économiques du monde ou même politiques ont été créées pendant les périodes de crise. Le « RPG » a été créé pendant la période du « PDG » parce que le président Sékou Touré réprimait les guinéens. L’UFDG a été aussi créé pendant les périodes de crise. Il ya beaucoup d’organisations dans le monde qui ont été créées pendant les périodes de crise. C’est lorsque ça ne va pas que les acteurs doivent se tenir débout pour décider de taper sur la table et d’attirer l’attention des uns et des autres sur la nécessiter de revenir sur les rails.

Vous avez déclaré dans un médiat de la place qu’il ne faut pas s’en prendre au Président Alpha Condé. Justifiez cette déclaration ?

ABDOURAMANE BALDE : Il ne faut pas faire du Président Alpha Condé l’ennemi de ceux qui ne sont pas d’accord avec un troisième mandat. Nous avons conseillé l’ensemble des hommes et des femmes qui ne sont pas d’accord avec le troisième mandat de ne pas faire de lui un homme radical contre eux ou contre nous parce que nous même, nous ne sommes pas d’accord avec cet esprit de troisième mandat. Mais, il faut être pédagogique, méthodique et comprendre que le président Alpha Condé est dans un cercle vicieux. Si jamais il décide de s’éterniser au pouvoir en modifiant la Constitution en sa faveur et en instaurant la dictature en guinée, c’est qu’on n’a plus Alpha Condé professeur de droit. On a désormais le président Alpha Condé dictateur. Cela veut dire qu’il a été pris en otage, et ça ne sera pas surprenant, par le même lobby qui avait organisé le referendum en faveur de feu le General Lansana Conté. Ce lobby a toujours pris en otage les institutions constitutionnelles de la république Guinée.

Cellou Dalein a dit sur les ondes d’un médiat étranger qu’il regrette d’avoir soutenu le referendum en 2001. Que vous inspire cette actualité ?

ABDOURAMANE BALDE : s’il dit avoir fait une erreur alors qu’il demande publiquement pardon au peuple de guinée.

Les Rpegistes disent que si Cellou Dalein a soutenu le referendum de 2001, pourquoi s’opposer à un nouveau referendum ?

ABDOURAMANE BALDE : Mais, ils ont raison de s’interroger n’est-ce pas ? S celui qui a accepté d’être comptable d’un referendum qui a abouti à la modification constitutionnelle et qui a touché le nombre de mandat est aujourd’hui candidat, c’est qu’il est mis devant les faits historiques (rire.)  Dans ces conditions, Cellou qui est un homme politique et qui a reconnu son erreur doit savoir le reconnaitre devant le peuple de guinée et c’est pourquoi nous devons tous nous battre pour l’alternance démocratique en république de guinée parce que même ceux qui vont dire aujourd’hui qu’ils sont d’accord avec un troisième mandat et qui vont aider à la falsification de la Constitution de la république de guinée doivent réfléchir avant d’agir. Moi, je ne suis pas d’accord avec cette Constitution, je le dis tout suite. Je ne suis pas d’accord avec une Constitution qui a été voté par des individus qui ne représentaient absolument rien.

Donc vous optez pour un nouveau referendum ?

ABDOURAMANE BALDE : Non, même si nous ne nous sommes pas prononcés encore pour un referendum. Nous sommes d’accord avec certaines dispositions de la Constitution qui sont déjà verrouillées et qui ne doivent pas être touchées

Vous être d’accord avec certaines dispositions de la constitution verrouillées par des individus qui selon vous ne représentent rien devant le peuple de guinée ?

ABDOURAMANE BALDE : Les dispositions de la Constitution qui sont verrouillées peuvent être reprises dans une autre constitution ou alors peuvent rester dans la même constitution modifiée. Les dispositions modifiables prévues par la loi peuvent être modifiées par n’importe quel président légitime. C’est Cellou Dalein Diallo qui a fait d’Alpha Condé un présidant légitime. C’est la faiblesse des opposants à Alpha Condé qui constituent sa force. Mais, si aujourd’hui, Cellou Dalein Diallo dit que consciencieusement il regrette avoir contribuer à la modification de la Constitution via un referendum, alors qu’il l’assume ! Nous avions dit que nous n’étions pas d’accord. On était des enfants alors. Nous savions combien de fois Bah Mamadou, Alpha Condé, Siradiou Diallo se sont battus. Il a eu énormément de difficulté. Il y a eu une répression extra ordinaire sur des guinéens qui disaient « non ! »  À la modification de la loi. Cela veut dire que ceux qui ont toujours exprimé leur volonté de voir l’alternance démocratique en république de guinée sont ceux-là aujourd’hui qui veulent instaurer la démocratie en guinée.

Avec votre nouvelle plateforme politique, qu’est-ce que vous comptez changer dans le paysage politique guinéen ?

ABDOURAMANE BALDE : Nous estimons que les jeunes doivent s’assurer du risque qu’ils prennent en accompagnant une politique qui consiste à refuser le renouvellement de la classe politique. Mais, ceux qui soutiennent l’instauration de la dictature en république de guinée doivent évaluer à priori le risque qu’il ya à refuser le renouvellement de la classe politique. Alors, ceux qui disent qu’ils ne sont pas d’accord également doivent mesurer le risque. S’ils disent qu’ils ne sont pas d’accord parce qu’il ya des hommes politique tapis dans l’ombre qui les manipulent, ils doivent savoir eux aussi qu’ils sont dans un cercle vicieux. Pourquoi les jeunes ne vont pas s’arrête dans ce cas et voir leurs intérêts

                                                      Propos recueillis par Kadiatou Cherif Baldé et Mamady Cherif

 

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