Dans le compte rendu du conseil des ministres lu à la télévision nationale guinéenne (RTG) le jeudi 11 juin 2020, il a été fait mention entre autres des instructions que Monsieur le président de la République a, encore une fois, donné au gouvernement pour le rapatriement des guinéens bloqués à l’étranger. J’en suis un.

Les premières instructions ont été données le 15 mai 2020 dans une adresse à la Nation faite par Monsieur le Président de la République Professeur Alpha Condé. Cela a fait 1 mois déjà. À l’époque, nous avons été si euphoriques qu’on s’est mis à dire au revoir à nos hôtes. Mais les jours passant, sans qu’on ne voie rien venir, notre joie a pris un coup de froid et nous sommes retombés dans la mélancolie et l’inconnu.

Voilà que le jeudi 11 juin 2020 encore, cette seconde annonce nous parvient incognito dans toute sa splendeur. Elle est charmante cette nouvelle mais, chat échaudé craignant l’eau froide, nous évitons de tomber dans la précipitation. Cette fois-ci, on s’abstient de dire au revoir et on arbore un sourire mi- joyeux et mi- inquiet. Un sourire indéfinissable en somme que seul le Guinéen peut avoir, (ne le blâmez surtout pas, il a tellement été “desciencé”!).

Malgré ce sourire, ou du moins avec ce sourire, vu qu’aucune précision n’a été donnée dans ce sens au cours de ce compte rendu, nous nous sommes mis à nous poser certaines questions mesquines, à savoir :

– quand est ce que vont commencer ces opérations de rapatriement ?

– par quel moyen le rapatriement sera fait ?

– par quels pays ils vont commencer ?

– quel sera le moyen de communication avec les intéressés que nous sommes ?

Ok, c’est pas mon problème tout ça.

“Vous aussi, on vous a dit d’attendre non ?” pourrait- on nous opposer.

Oui, nous attendons ! Mais, en attendant,

– Le président de la République a donné des instructions une fois, deux fois non, pourquoi on s’empêche de les exécuter ? Question suprême.

Mais bon ! En attendant, le verbe le plus facile à conjuguer pour nous, c’est le verbe attendre.

Par Alpha Dem, un Guinéen bloqué malgré lui à Abidjan