La cour constitutionnelle a tranché. Elle déclare irrecevable la requête formulée par les 15 députés, dans laquelle ils dénoncent la falsification du texte de la constitution soumise à l’approbation du peuple le 22 mars et précise que la Constitution de la république de Guinée est celle qui a été publiée au Journal Officiel de la république à la date du 14 avril 2020.

Bah Oury, leader politique et activiste de la société civile, dénonce cette décision et accuse la cour constitutionnelle d’agir en faveur du pouvoir.

Par deux fois, en six mois, la Cour constitutionnelle de la Guinée a porté un coup de poignard dans le cœur de la République. Dernier rempart pour la protection des fondamentaux de l’Etat de droit, la cour constitutionnelle s’est révélée complice de l’instauration du désordre.

En refusant de se prononcer sur le contenu du projet de la nouvelle constitution en décembre 2019, la Cour constitutionnelle a cautionné le viol des dispositions d’intangibilité qui verrouillaient le socle démocratique de la loi suprême du pays; ouvrant ainsi la voie au 3ème mandat.

Il faut dire les choses clairement. Quand la cour constitutionnelle rend un arrêt, ça fait taire tous les commentaires. L’arrêt de la cour ne doit pas faire l’objet d’un commentaire ni de contestation, car il s’impose à toutes les parties y compris le président de la République. Nous sommes dans un contexte d’État de droit, il faut qu’on souffre de respecter les prérogatives de nos institutions. Mais en tant que citoyen, ou en tant qu’activiste tout court, j’ai un point de vue politique. Je crois que cette confusion sur le texte de la nouvelle constitution est un précédent fâcheux pour notre démocratie. Il faut trouver des solutions durables. En présentant le texte promulgué en avril 2020, différent du texte proposé à l’approbation du peuple de Guinée le 22 mars, comme étant la constitution de la Guinée, la Cour constitutionnelle a blanchi un crime puni par le code pénal à savoir le ” crime contre la confiance publique “.

La Cour constitutionnelle assume ainsi sa participation active avec l’exécutif guinéen à l’instauration d’un régime en rupture avec les normes constitutionnelles de l’Etat de droit et de la légalité républicaine. Où sont les magistrats du pays ?

Votre silence vous dessert !!!

Louda Fogo Baldé pour couleurguinee.info