Plusieurs ministres et hauts commis de l’état en fonction dans l’administration guinéenne sont élus députés. Après la session inaugurale de l’assemblée nationale le 21 avril, ces nouveaux élus devraient respecter les lois de la République en démissionnant dans les huit jours qui suivent ; parce que dans la législation guinéenne, la fonction de député est incompatible avec toutes autres fonctions nominatives.

Pour éviter donc de tomber dans l’incompatibilité, les hauts cadres de l’état élus députés à la nouvelle assemblée ‘’contestée par le FNDC’’ commencent à déposer leurs lettres de démission.

Il faut souligner que cet abus de pouvoir politique consistait à user de son manteau de ministre pour influencer les électeurs afin de se faire élire député et se faire remplacer après par des suppléants.

Au nombre de ces ministres et hauts commis de l’état, il faut citer les ministres élus sous la bannière de leurs partis politiques : Aboubacar Sylla, président du parti UFC, Mouctar Diallo, président du parti NFD, Bah Ousmane de l’UPR et ceux qui on été présentés par le parti au pouvoir RPG : Zakaria Coulibaly, ministres des hydrocarbures, Tibou Camara, ministre de l’industrie et Sanoussy Bantama Sow, ministre des sports (à signaler que les lettres des deux derniers sont attendues avant le délais de 8 jours) ; il y a aussi des commis de l’état qui ont préféré garder leur statut ancien (ils seront eux aussi remplacés) :  c’est le cas de Cellou Garaya Diallo, directeur national de la marine marchande, Mamadouba Sankon, chef de cabinet du ministère de l’élevage et Jean Marc Telliano, ancien ministre de l’agriculture, président du parti RDIG.

Ces démissions nous font penser à l’imminence d’un remaniement ministériel. Ils pourraient bien démissionner de l’assemblée dans l’espoir d’appartenir à la nouvelle équipe où ils espèrent trouver plus d’avantages et de confort matériel. Ils cèdent ainsi leurs places à leurs suppléants.

Avec des députés ‘’répéchés’’, Damaro Camara aura fort à faire !

Avec cette exagération on ne peut pas s’enorgueillir d’un pouvoir de député ou de ministre acquis sur des cadavres de compatriotes. Cette victoire ne mérite pas de trophées ; le peuple ne mérite pas ce traitement surtout quand même vous n’êtes pas installés, vous commencez à penser et à planifier  par dessus tout la ‘’fortune’’ que vous comptez amasser « Notre première préoccupation est de mettre tout le monde ensemble pour vraiment éradiquer cette pandémie. Aussitôt installés, nous entendons faire une proposition de loi pour faire en sorte que la Guinée se lève comme un seul homme pour combattre ce mal invisible, qui est en train de prendre de l’ampleur. Et donc, il est temps que l’on sache que c’est une question de santé publique. Eh bien, il faut prendre des mesures coercitives et puis, mettre tout le monde au pas. Donc notre première mission sera de combattre cette pandémie. C’est pourquoi nous avons décidé de reverser une partie de notre premier salaire dans ce sens. Et ensuite on passera à la politique et aux autres choses » parole d’un nouveau député.On se pose bien des questions sur l’avenir de cette assemblée qui, au moment où la pandémie continue de faire des victimes, des élus eux pensent à leur salaire. Les malades de covid-19 sont aujourd’hui nombreux ; des contacts sont dans la nature en train de propager le virus et pire, des malades s’auto confinent dans leurs concessions.

La négligence et/ou le manque de sérieux dans la prise en charge des malades se fait notoirement remarquer : sinon, comment un malade admis dans un centre hospitalier à 11h (souffrant), se disant passé par un autre hôpital peut mourir à 21h dans le centre dit spécialisé sans être pris en charge par le personnel de santé ? ;

Comment un chargé de communication, de la structure qui gère la lutte contre la pandémie peut ‘’dire et se dédire’’ ?

Cela relance la qualité de la prise en charge des malades atteints du COVID-19 en Guinée.

Tous ces comportements dans le seul et l’unique but de lapider les richesses du pays au détriment de l’intérêt public.

En attendant, attendons de savoir à qui le prochain tour de démission, car avec des honorables députés ‘’répéchés’’, Damaro Camara aura fort à faire !

Par Louda Fogo Baldé, directeur de publication de couleurguinee.info