L’astronaute américaine Jessica Meir retrouvera la semaine prochaine une Terre bouleversée, après presque sept mois passés à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Elle échangera un confinement pour un autre.

« C’est assez surréaliste de voir ce qui  passe sur la planète en dessous de nous », s’est inquiète l’astronaute de 42 ans lors d’un échange téléphonique en direct avec des hommes de médias vendredi, depuis l’ISS, aux côtés de ses coéquipiers Andrew Morgan et Chris Cassidy (il y a aussi trois Russes en ce moment).

« La Terre a toujours l’air aussi éblouissante, vue d’ici, donc c’est difficile de croire tous les changements qui se sont produits depuis qu’on est ici ».

« J’ai peur de me sentir plus isolée sur Terre qu’ici »

Les astronautes sont des pros de l’isolement : ils passent en général six mois ou plus confinés dans la station.

Mais leur confinement est voulu, à l’inverse de leurs congénères contraints à s’enfermer chez eux à cause du nouveau coronavirus : c’est même l’accomplissement d’une vie, fruit d’années d’entraînement. Et leurs journées sont hautement réglées. Ils n’ont pas de problème de garde d’enfants ou de courses (ils sont régulièrement ravitaillés par des capsules cargo).

« J’ai peur de me sentir plus isolée sur Terre qu’ici », confie Jessica Meir. « Ici nous avons une routine, nous sommes très occupés à faire plein de choses incroyables, et nous avons ce point de vue incroyable sur la Terre en dessous ».

Ce retour sur terre se fait dans un contexte socio-économique difficile pour les USA, où le plus de personnes ont été testées positives au coronavirus. Au total, 468 895 personnes ont été contaminées depuis le début de l’épidémie. Le pays occupe désormais la malheureuse deuxième place de ce sinistre classement après l’Italie avec 16 697 morts. Le bilan ne cesse d’augmenter, c’est l’hécatombe dans le pays qui a enregistré deux jours consécutifs 2 000 décès supplémentaires liés au Covid-19.

Une autre partie de la population américaine est très touchée par cette crise sanitaire, les femmes enceintes qui craignent de se rendre à l’hôpital pour accoucher. A New York par exemple, des hôpitaux avaient banni les conjoints avant que le gouverneur Andrew Cuomo ne signe un décret en mars pour dire qu’aucune femme n’accoucherait seule. Angoissées par le coronavirus, des Américaines préfèrent accoucher seules à domicile en présence de leur conjoint plutôt que de se rendre à l’hôpital.

Cependant des milliers de Chinois se ruaient vers la sortie mercredi 8 avril 2020 à Wuhan après la fin du bouclage de la ville à l’origine du Covid-19 imposé fin janvier 2020. Des dizaines de milliers de passagers étaient attendus dans les gares de la ville de 11 millions d’habitants située au centre de la Chine. Zhen, une jeune femme de 24 ans, s’était empressée d’acheter un billet pour partir avant l’aube vers Canton (sud), et ainsi éviter la cohue. « Je suis relativement sereine, l’épidémie s’est stabilisée », a-t-elle déclaré dans la nuit de mardi à mercredi à l’AFP

Sport, hygiène et sommeil recommandés par les astronautes

Leurs conseils pour un confinement réussi au sein de l’ISS sont néanmoins simples, et commencent par le respect d’un emploi de temps très précis.

« Nous avons un programme et nous le suivons à la lettre », a dit Andrew Morgan, 44 ans, arrivé là-haut en juillet 2019. « L’exercice physique, l’hygiène personnelle, le sommeil, tout est prévu. C’est très important de respecter l’emploi du temps ». L’autre règle fondamentale est d’être un bon coéquipier. « Nous sommes tout le temps en train de réfléchir à la façon dont nos actions affectent les autres », dit ce médecin urgentiste recruté il y a sept ans par la NASA.

Ce sera peut-être le bon côté de la pandémie, conclut Jessica Meir : les familles et amis qui resserrent leurs liens, se parlent plus souvent, font plus attention. Peut-être apprendrons-nous à « nous traiter les uns les autres avec plus d’humanité ».

H.G. avec AFP

Louda Fogo Baldé, Diercteur de Publication de couleurguinee.info