Chaque soir, actuellement, sur l’axe Kipé Bambeto, une foule de jeunes filles et de jeunes garçons s’adonnent à un « footing » régulier. A partir de 17heures, on les voit en colonie, par vagues successives. Certains courent, d’autres font des séances de gymnastiques, d’autres aussi marchent sur le bitume. Collés serrés, insouciants, à les voir évoluer, c’est comme si on n’est pas dans un environnement hors de restriction au coronavirus.

Ils sont devenus un vrai spectacle sur la transversale 2 Aéroport- Kipée situé dans la commune de Ratoma. Ces jeunes sont pour la plupart venus de divers quartiers. Ils disent faire cet exercice pour maintenir leur santé et éviter la sédentarisation durant l’urgence sanitaire actuelle.

Mamady Mansaré habitant la Cité de l’air en haute banlieue est un de ces sportifs.

« Comme on le dit souvent, le sport améliore la santé. Et nous savons actuellement, il y a le coronavirus chez nous. En plus, selon les informations qu’on reçoit, on dit que ce virus n’ose pas la chaleur. Donc, mes amis et moi, nous avons jugé utile de venir ici pour courir les soirées. Peut-être avec ça, on sera protégé de cette maladie » dit-il. Un deux coureurs sur trois dans ce groupe disent le faire pour se prémunir contre coronavirus

Souleymane Diallo pratique habituellement le sport sur cet axe. Mais, vu ces temps de pandémie, il dit prendre des précautions.

« Au fait moi je courre individuellement. Et avant de venir ici, je prends mon bain d’abord, je me lave les mains avec l’eau de javel. Sur le terrain, je fais de telle sorte que je ne me frotte pas à quelqu’un. Quand j’arrive à côté d’une personne, je fais un peu d’effort pour prendre de l’élan afin de le dépasser, après je trottine encore » affirme-t-il.

Pour sa part Alias Sandouno habitant au quartier cirage nous donne ses motivations

« Comme présentement, il n’y a pas tellement d’activités, le fait de trop rester à la maison, c’est stressant. Donc, nous sortons les soirées pour remuer un peu nos muscles » a-t-il dit.

Les hommes ne sont pas les seuls à investir ces routes. Parmi eux on retrouve aussi des jeunes filles. De belles filles qui courent, partout de façon solitaire, parfois en groupe.

Elles constituent un pan du décor de ce sport de rue à cause de leurs attraits physiques : les seins qui dansent sous les t-shirts, les chutes de reins dans la course, à faire jurer un « Ayatollah », les démarches de félins qui attirent les regards des gars qui veulent se rincer les yeux. Certains de la gente masculine s’adonnent justement à ce sport journalier, pour côtoyer ces jolies sportives. Parfois, après le sport, on voit des dragueurs à l’œuvre. En conciliabule. Echange de numéro de téléphone, échange de mots. Sourires les lèvres ou éclats de rire. Et puis ça passe. Tous ces gestes font le charme de ce sport sous coronavirus.

Par Abdul Karim Barry Pour couleurguinee.Info