Dans le cadre de son offensive contre le blanchiment des capitaux, l’Association Guinéenne pour la Transparence (AGT) a initié un atelier de partage et d’échange de deux jours sur la  “lutte contre le blanchiment de capitaux résultant de la corruption dans les secteurs privés de l’immobilier et des négociants en pierres et métaux précieux ”. C’est un projet financé par la fondation OSIWA. Cet atelier a débuté ce mardi à l’hôtel Petit Bateau situé dans la Commune du Kaloum. Il prend fin demain mercredi. Cette formation est dédiée aux orpailleurs.

Oumar Kaana Diallo, le président de l’Association Guinéenne pour la Transparence, dans son discours de bienvenue est revenu sur le but du projet.

« Le but de ce projet est d’avoir un secteur privé engagé dans l’avancement et la mise en œuvre des normes et des recommandations de lutte contre le blanchiment de capitaux pour mettre fin aux flux financiers résultant de la corruption qui doit obligatoirement inclure la mise en place des organes de supervision, de surveillance pouvant procéder à l’identification des clients, de leur profil, de la nature des transactions, des bénéficiaires effectifs, des personnes politiquement exposées » a-t-il fait savoir.

Karifa Condé, le  secrétaire général de l’UNOG(l’Union Nationale des Orpailleurs de Guinée) a souligné que le blanchiment de capitaux est un phénomène qui prend de plus en plus de l’ampleur et qui sape l’économie du pays.

«Le blanchiment de capitaux commence à prendre une ampleur de plus en plus considérable dans notre société et affecte dangereusement notre économie. C’est en réaction contre la montée en puissance de ce fléau que la CEDEAO a institué un groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’ouest, chargé de promouvoir les politiques de protection des États membres contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive »  indique t-il.

Karifa Condé dit qu’en Guinée, le secteur minier est beaucoup plus frappé par ce fléau].

« En Guinée, le secteur minier demeure l’une des principales source de devises et constitue l’épine dorsale de l’économie guinéenne. Malheureusement, l’exploitation minière traditionnelle se fait par des méthodes formelles certes mais aussi informelles c’est-à-dire illégales. Aussi, l’expansion des activités minières artisanales et la porosité des frontières nationales offrent la possibilité de flux transfrontaliers illégaux de ces minerais et posent le défis de taille au gouvernement en matière de contrôle » a-t-il expliqué.

Durant deux jours, les orpailleurs seront informés des dangers du blanchiment et seront de futurs acteurs de la lutte contre ce fléau ont dit les organisateurs.

Par Mamadou Baïlo Diaguissa Sow pour couleurguinee