Suite à la décision prise par le président de la république de renforcer la sécurité sanitaire pour stopper la propagation du virus en procédant à l’isolement de Conakry ; ce vendredi matin, la route Kagbélén – Dubréka a été occupée par des agents de sécurité.

Installés depuis Kagbélén village au niveau de la station Shell, des gendarmes et des bérets rouges ont complètement occupé la route. Tous les véhicules en provenance de Conakry sont soumis à un contrôle.

À l’exception des gros porteurs, seulement une voiture sur cinq peut se frayer le passage.

Des agents munis gourdins et de matraques cognent sur tout sans distinction. Aucune négociation n’est permise. Parmi les agents il y en a qui dégonflent les pneus des véhicules conduits par des chauffeurs réfractaires. C’est cette pratique qui oblige les chauffeurs à rebrousser chemin.

Seuls les motos, les camions et les véhicules en provenance de l’intérieur du pays peuvent passer le barrage. C’est ce qui provoque un embouteillage monstre dans une cacophonie totale.

Quelques uns des passagers traversent à pieds le barrage pour regagner l’autre côté de la route où sont stationnés des taxi motos et autres petits taxis brousse.

Une nourrice qui tentait de regagner le kilomètre cinq (Dubréka) avec sa maman témoigne « Nous venons de Cosa et nous voulons nous rendre tout près d’ici au Kilomètres cinq. Depuis Kagbélén, nous sommes plongées dans un embouteillage monstre. C’est maintenant que nous arrivons ici et on trouve ces barrages encore. Ils nous disent de retourner et qu’on ne passe pas. Donc nous sommes obligées de laisser la voiture ici et emprunter des taxi-motos pour arriver. Parce que nous partons pour une affaire importante » Témoigne Fatoumata Baldé

Elle dit ne pas approuver cette décision prise par le gouvernement « Cet endroit n’est pas approprié pour placer des barrages. Parce que, ici c’est à Kagbélén et Kagbélén est dans Conakry. Donc, ce barrage aurait dû être érigé au moins au kilomètre cinq. Ils nous ont demandé de présenter des laissez-passer pour pouvoir traverser. Mais, comment faire pour se procurer un laissez-passer ? »

Selon un autre usager qui confie avoir passé plus de la moitié de la journée dans cet intervalle, cette mesure ne va pas contribuer à rendre négatif ceux qui sont déjà positif. Et dit-il aucune mesure sanitaire n’est prise à ce niveau.

« On constate un écart entre ce qui se dit au sommet et ce qui se passe sur le terrain. Parce que cela ne peut pas permettre de déceler ceux qui sont positifs. Les gens sont en mouvement et les contrôleurs n’ont même pas de thermo flash ici » Confie monsieur Bamba, Ingénieur avant de vite regagner sa voiture.

Les agents de sécurité trouvés sur les lieux n’ont pas quant à eux accepté de se prêter aux questions.

Par Mamadou Sanoussy Diallo pour couleurguinee.info