Depuis le lancement de la campagne de distribution des vivres aux citoyens, ils sont nombreux les bénéficiaires qui ne tarissent pas de maux pour se plaindre de la mauvaise qualité du riz distribué par l’ANIES. Un appel anonyme nous a ameutés et nous nous sommes intéressés à ce sujet pour voir de quoi il retourne.

Au quartier Dar Es Salam 2 dans la commune de Ratoma, une bénéficiaire nous a dit qu’elle a reçu ces vivres à l’école »  Bonheur  » située dans le même quartier. Elle a juré que le riz reçu est impropre à la consommation.

« C’était un lundi, on nous a dit d’aller dans une école appelée  » Bonheur  » située dans notre quartier pour récupérer le riz que l’ANIES nous a donné. Je suis partie parce que avant des recenseurs étaient venus nous recenser. J’ai pris le reçu, je suis partie et j’ai récupéré le riz, un sac plus un bidon d’huile végétale de 10 litres.

Arrivée à la maison, on a ouvert le sac et on a trouvé que c’est du riz pourri. On l’a mis de côté parce qu’un être humain ne peut pas manger ce riz » a- t-elle expliqué.

Elle dit qu’elle n’a pas voulu ramener le cadeau au donateur parce que ceux qui ont reçu le premier lot ne se sont pas plaints de la qualité de ce don : «  Je suis sur le point d’aller jeter ça à la poubelle, ce riz, c’est pour les animaux et non pour un être humain » martèle la jeune dame.

Nous avons tenté d’entrer en contact avec l’agence nationale d’inclusion sociale pour connaitre sa part de vérité sur ce riz critiqué.

Au bout du fil, Ishaga Conté responsable, accompagnement communautaire. Il a répondu à nos questions

« Oui, j’ai l’information, mais je crois que c’est juste une question de compréhension, on a deux types de sacs de riz. Le premier sac de riz, ce sont des graines blanches. Le second sac de riz de couverture blanche, à voir les graines, si tu ne connais pas, tu vas dire que c’est du riz qui n’est pas de bonne qualité, à vu d’œil. Si ce n’est pas quelqu’un qui connait. C’est tout comme moi, quand j’avais vu, j’avais pensé ainsi, maintenant par demande, je me suis rendu compte que c’est ça d’ailleurs la plus bonne qualité par rapport à tout ce qu’on a pu livrer. Dès qu’il est préparé, je crois qu’il revient sur la forme normale ». A t-il expliqué

– Est ce que vous avez remonté toutes ces informations au niveau de L’ANIES ? lui a-t-on demandé

«  Je suis le représentant de l’ANIES ici, tous les constats, toutes les difficultés que je rencontre sur le terrain, je saisi ma hiérarchie » fait-il savoir.

-Apres avoir reçu ces informations vous n’avez pas jugé nécessaire d’aller vers ces populations pour leur expliquer cela afin de les amener à consommer ce riz ?

« Je vais dépêcher mes agents qui pourront mieux les connaître, pour leur expliquer cela. Je les mandaterai pour faire ça » a promu ce responsable

Pour rappel, c’est le jeudi 13 août dernier que l’agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES) a procédé au lancement de la deuxième et la troisième phase du plan social de riposte contre la pandémie à Conakry.

Pour la deuxième phase de ce plan de riposte, il est question de procéder à la distribution des vivres aux populations et la troisième phase consiste à faire le transfert monétaire.

La distribution des vivres va toucher 25 000 ménages à travers la capitale guinéenne pour une période de 6 mois. Chaque ménage aura un bidon d’huile de dix litres et un sac de 50kg de riz. Et pour ce qui est du transfert monétaire, 240 000 ménages vont bénéficier de cette assistance sociale, pour une somme de 250 000 GNF par ménage soit 1,6 millions de guinéens.

Par Kadiatou Chérif Balde pour couleurguinee.info

 

Facebook Comments