Coronavirus a un impact négatif sur les activités des taxis motos et voilà la saison pluvieuse qui vient en rajouter à leur calvaire de tous les jours. Une période de vache maigre pour eux.

Abdoulaye Barry roule sur l’axe Kipé-Bambeto. Coincé dans un manteau, sur sa moto, sous une pluie battante, il décrit son calvaire.

« Avant même cette saison, on avait des difficultés. Depuis que ce confinement a été décrété, on tire le diable par la queue. Parce que c’est si les lieux de divertissement sont ouverts qu’on trouve beaucoup de clients. Et la saison pluvieuse vient de pointer à l’horizon. Les gens ne sortent presque pas. Et ceux qui sortent préfèrent les taxis, car nous, nous sommes exposés à la pluie. Les clients  viennent au compte-goutte, pas comme d’habitude. Quant il pleut, sauf ceux qui sont mouillés par la pluie nous sollicite. Vous voyez comment les motos sont alignées ici » a-t-il expliqué.

Autres difficultés rencontrées par ces taxis motos, c’est les tracasseries policières et les mauvais états des routes. Djibril Bah un autre exploitant en parle.

« Quand on sort, nous sommes obligés d’éviter les policiers qui font de nous leur cible actuellement. Même si on a des papiers au complet, si vous croisez un policier,  il va vous verbaliser, sans motif. Avant, il parlait de casques ou de rétroviseurs, maintenant, même si tu as tout ça, ils chercheront toujours des choses à dire pour t’arnaquer. Les routes aussi sont très dégradées. Et avec ces inondations quelques part, tu ne peux pas savoir si tu dois traverser un caniveau ou si c’est la route. Tu risques parfois de tomber dans les fossés. Il y a d’autres routes que tu ne peux même pas traverser à cause de ces inondations » déplore-t-il

Quant à Souleymane Bah, 22 ans, il a dit combien il gagne par jour.

« Avant, on gagnait jusqu’à 200 000 fg par jour, mais actuellement, même avoir 50 000 fg, c’est un problème. Et imaginez, tu dois mettre 50 000 fg pour la recette. Le propriétaire de la moto, lui, ne tient pas en compte si tu as travaillé ou pas. Si tu ne rends pas la recette, il te retire la moto. À moins que tu prennes l’engagement de rembourser les prochains jours. Et on paie aussi chaque jour des tickets chez notre syndicat. Tu dois manger et tout. C’est dur franchement » se lamente-t-il

               Par Abdul Karim Barry pour couleurguinee.info