Dans une agglomération populeuse de Conakry appelée Demoudoula, de braves femmes cassent des roches pour en extraire des graviers. Elles ne font pas que cela. Elles squattent aussi le marigot de cette agglomération pour repêcher du gravier qu’elles regroupent en petit tas. C’est cela leur commerce. A force de casser avec les marteaux, elles ont des mains qui ressemblent à des torchons.

La paume est rugueuse. Elle n’est plus faite pour caresser, mais pour gratter. Mais, elles se disent fières de ce métier qu’elles font pour avoir de l’argent, pour nourrir dignement leurs familles. Certaines font ce travail depuis 10 ans, d’autres 5 ans. C’est devenu leur quotidien.

Le fruit de leur labeur est exaltant parce que ça leur permet de payer les études de leurs enfants. De soigner leurs maris et de prendre en charge tous les frais. Pour ces femmes, les mamayas, les débats politiques stériles, la fête et la paillette sont des pertes de temps.

Madame Bah Mariam Barry est parmi ces dames qui chaque matin fréquentent ce fleuve pour ramasser du gravier. « Effectivement, j’ai commencé à pratiquer cette activité depuis l’année passée et depuis ce temps, je viens chaque matin dans ce marigot pour ramasser les petits cailloux afin de vendre ça aux camionneurs. Le prix d’un chargement varie entre six cent et sept cent mille francs guinéens. » Dit-elle

Binta Bah, elle explique les difficultés qu’elles rencontrent dans ce travail. « Parfois, il y a des blessures et dès fois aussi, avec nos clients qui viennent acheter, ils cassent nos prix alors que pour avoir un chargement de cailloux. Il faut travailler pendant deux à trois semaines. »

Ramata Sow une femme voilée lance un appel aux femmes qui ne travaillent pas. Elle leur demande de faire tout pour chercher un boulot afin d’aider leur mari. « Je lance un appel aux femmes qui ne travaillent pas et qui passent toute la journée à regarder la télévision. Je leur demande de sortir dans leur maison pour chercher un boulot afin d’aider leur mari. » Conseille-t-elle. Ces braves femmes sont à Conakry.  Dans leur petit coin. Pour un travail respectable.

Par Mamadou Yaya Bah pour couleurguinee.info