Les personnes vivant de la mendicité à Conakry traversent actuellement une situation pénible due, à la fois, à la saison des pluies et à la pandémie. Ceux d’entre eux qui ont choisi les abords des rues pour quémander sont les plus éprouvés. Au quartier Kipé, précisément sur l’axe dit « Métal Guinée- hôpital sino guinée », des mendiants qu’on a interrogés ne tarissent pas de plaintes. Ils disent qu’auparavant, ils bénéficiaient de dons. De nos jours, ces dons ont tari.

« Épuisés, déprimés, abandonnés » voilà entre autres différentes plaintes qu’ils nous ont égrené. Souvent venus de différents quartiers de Conakry ou de la cité de solidarité, ils sont alignés par dizaine. D’autres sont assis sous des parapluies pour se mettre à l’abri des intempéries. Ils tendent la main aux passants.

« Avant cette pandémie, nous gagnions un peu quand même. Les gens nous envoyaient des dons, mais actuellement ils nous ont tous fuis franchement. Par exemple, aujourd’hui, depuis le matin, on n’a rien eu. Sauf le riz que vous venez de nous voir partager ici. Imaginez maintenant, nous avons des familles à nourrir. Si tu ne sors pas pour chercher ta nourriture, comment tu peux t’en sortir » s’interroge Mme Kadiatou Bah, une des responsables des femmes mendiantes.

Cette dame dit ne plus vouloir recevoir des kits sanitaires contre la Covid-19. Elle estime que la priorité reste et demeure des sous ou néanmoins la bouffe.

« Il ne font que nous envoyer des bavettes plus des savons. C’est ça qu’on peut manger ? Est-ce que cela peut soulager un père ou une mère de famille. On veut de quoi manger. On a des enfants qui étudient aussi » argue-t-elle

Au-delà de la pandémie,  l’arrivée de la saison pluvieuse constitue un autre calvaire. Cet autre mendiant en parle.

«Quant il pleut, nous nous camouflons dans nos manteaux et restons sous nos parapluies. Car, si on fait des baraques ici, des forces de sécurité viennent les casser » se plaint-il.

Quant à Mamadou Diallo, il quitte la cimenterie pour être à cet endroit chaque matin.

« D’aucuns viennent de Kagbélén, de Coyah  etc… Et vous savez que le transport a augmenté aussi. Vraiment, nous souffrons. Si vous voyez  qu’un adulte se passe de tout complexe pour venir s’asseoir au bord de la route, c’est qu’il n’a rien à la maison.  Sinon, il aurait dû rester à la maison et se consacrer à la prière » confie-t-il.

Kadiatou Lamarana Bah fait partie des victimes de la casse de Kaporo-rails. Depuis, elle se retrouve mendiante. Elle raconte sa mésaventure.

« Nos habitations ont été cassée à Kaporo-rails. On n’a pas de domiciles fixes. On est là, tout le monde nous observe ici. Je ne trouve rien actuellement. Parfois, on dort sans manger » se lamente-t-elle.

Le responsable des mendiants lui n’a pas souhaité s’exprimer. Il dit avoir beau parler aux journalistes mais aucun résultat, nous a-t-il fait savoir.

Ces personnes démunies prient les autorités et des bonnes volontés de leur venir en aide surtout durant cette saison des pluies.

             Par Abdul Karim Barry pour couleurguinee.info

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