Pour parcourir la distance de 3 km qui sépare la transversale N°7 (T 7) de la casse de Sonfonia un fief du parti au pouvoir, une voiture 4×4 fait un minimum de 20 mn soit  9 km par heure cela pas à cause d’un embouteillage mais du très mauvais état de la route.  Cette casse est

 

pourtant  occupée par des personnes qui se sont battues corps et âme pour d’abord asseoir l’actuel parti au pouvoir et  ensuite le soutenir depuis 10 ans qu’il trône sur la Guinée pays qui regorge de richesses avec  un des peuples les plus pauvres du monde à cause de la mauvaise gouvernance.

Selon certains citoyens de la zone le professeur Alpha Condé qui avait rendu visite à ses militants de la casse de Sonfonia en Mars 2011 au début de son règne, avait fermement promis de désenclaver cette localité dans un bref délai. Il y a bientôt 10 ans de cela ce bref délai traine encore, la route continue à se dégrader et les usagers continuent à y vivre un calvaire indescriptible. Crevasses et roches difficiles à arpenter constituent le décor de cette route que fréquentent de nombreux militants de première oubliés du RPG au même titre que ceux de l’opposition vivant dans la zone.

 

L’ensemble des spécialistes du développement conviennent que celui-ci passe nécessairement par la route, sans route pas de développement. C’est pourquoi le quartier de la casse de Sonfonia comme d’ailleurs l’ensemble de la Guinée aujourd’hui chroniquement enclavée à cause de l’abandon sans entretien par l’Etat  du peu de routes qui existaient en 2010  et la non réalisation de nouvelles, rêveront pendant longtemps au progrès sans jamais le voir. Nos politiciens nous promettent toujours monts et merveilles pour avoir nos votes  et nous oublient dès qu’ils obtiennent le pouvoir c’est la leçon que nous pouvons tirer de ce que nous avons vécu depuis 2010 dans notre pays.

Cet enclavement chronique de Sonfonia- Casse fief du parti au pouvoir nous amène à nous poser quelques questions :

Quelle considérations la politique accorde- t – elle aux vrais militants de base du parti, ceux qui se sont battus pour son implantation et sa victoire ?

Si ce quartier était habité par un ministre, un chef d’une régie financière de l’Etat même venu  au RPG  par opportunisme  cette route n’aurait-elle pas été  aménagées et  bitumée il y a longtemps ?

En tout cas certains quartiers ou secteurs qui ont eu la chance d’abriter des hauts commis de l’Etat ont vite vu leurs routes faites parce que  la règle est que le militant n’est reconnu que pendant les périodes électorales ce sont les ministres et autres grands commis de l’Etat qui comptent une fois le mandat obtenu. Le militant à la base quant à lui est comme la pelle ; la bouette et la pioche qu’on utilise pour construire la maison. Une fois la construction finie, on les jette dans l’oubliette  pour se procurer des meubles neufs avec lesquelles on vivra désormais dans la maison.

A observer aussi le comportement des citoyens qui acceptent de se faire berner à chaque campagne électorale par des propos ethnocentriques, régionalistes ou la corruption pour voter pour un candidat qu’ils ont précédemment porté au pouvoir et qui n’a rien fait pour eux durant son mandat, on n’est soit outré ou amené à croire que ces militants- là confondent le parti politique à une religion où on travaille dans l’ici-bas pour attendre la récompense dans l’au-delà. C’est comme s’ils ignorent que le travail politique au cours duquel on commet d’ailleurs énormément de pêchés (mensonges, calomnies, crimes etc.) n’aura que des sanctions dans l’au –delà mais jamais de récompenses.

En tout cas à cette période électorale ce ne sont pas les arguments,  les promesses et le miel à mettre dans les oreilles des citoyens de la casse de Sonfonia  qui vont manquer pour les amener à faire la même chose qu’ils avaient faite en 2010 et 2015 c’est-à-dire voter pour le professeur qui va promettre le paradis à tout un chacun et tant pis pour la suite.

Ce qu’il faut aussi souligner c’est que ce monsieur qui, durant ses deux mandats de 2010 à 2020 a fait d’innombrables promesses non tenues alors qu’il avait l’estime de la communauté internationale et des bailleurs de fonds ne pourra rien faire dans un troisième mandat au cours duquel il n’aura comme soutien que la Russie, la Turquie et la chine.

 

Par Ibrahima Diallo