Il est juste 10 heures du matin en une journée de manif. Tu viens de descendre de ton lit, vu que tu n’iras nulle part ce jour par peur d’être prise à partie par des FDS. Tu pars en cuisine et soudain, tu entends un bruit. Quelqu’un force les portails de votre cour en une minute, tu vois des hommes en tenue devant toi.

L’un t’administre une paire de gifles, l’autre renverse le repas sur le feu, le suivant pisse dessus. Ils se dirigent dans la maison, insultent vos parents en les traitant d’étrangers et de saboter leur pouvoir. Irrité, votre frère qui se lève pour réagir est violenté devant vous .Ils retirent vos appareils et embarquent votre frère pour une destination inconnue.

10 minutes plus-tard, vous entendez des cris chez le voisin. Vous partez vérifier,  vous trouvez son enfant à terre noyé dans son sang suite à une balle reçue. Quelques heures après il rend l’âme.

Dans la soirée, vous faites le tour de plusieurs commissariats avant de retrouver votre frère. On vous exige de payer une caution pour sa libération.

N’ayant aucun choix, vous vous exécutez.

Le lendemain, certains justifient en disant que vous aimez manifester et que les FDS faisaient un maintien d’ordre. Comme si votre domicile fait partie de l’espace public.

Criant votre rage face à cette injustice, on vous accuse de pleurnicher et de victimisation. Comme si à leur place, ils feront une fête pour remercier les artisans de cette injustice.

Ceci n’est ni un conte ni le fruit de mon imagination, c’est bien le quotidien des citoyens de Ratoma depuis plusieurs années.

Par Halimatou Baldé

 

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