La journée du double scrutin législatif et référendum constitutionnel du dimanche 22 mars 2020, s’est soldée par la mort de plusieurs citoyens opposés à ce scrutin.

Au quartier Cimenterie, précisément à Ansoumaniya située dans la sous-préfecture de Coyah, la dame nommée Issa Yero Diallo a reçu une balle au cou et a rendu l’âme sur place. Elle avait 28 ans et mère de deux enfants dont un garçon et une fille.

Ce lundi, nous nous sommes rendus à la maison mortuaire, les membres de sa famille ont confié que la dame Issa Yero, après avoir fini de faire la cuisine à 14 heures ce dimanche, elle serait sortie pour chercher ses enfants. Pendant qu’il y avait affrontements entre manifestants et force de l’ordre dans le quartier, Issa Yero se serait rendue sur les lieux à la recherche de ses enfants. C’est alors qu’elle a reçu la balle au cou.

“Issa Yéro était sortie hier rechercher ses enfants. Arrivée au marché d’Ansoumaniya à 14 heures, la gendarmerie a tiré sur elle une balle au niveau du cou. Informés, nous sommes venus trouver qu’elle est décédée. Nous avons appelé la brigade de recherche. Ils sont venus constatés et nous ont délivré un papier. Nous avons pris le corps et nous l’avons envoyé à l’hôpital Ignace Deen”. Témoigne Alpha Oumar Bah, voisin de la victime.

Il ajoute que ce matin ils ont reçu un appel depuis l’hôpital leur demandant d’aller récupérer leur corps. Parce que, dit-il, les responsables à l’hôpital ont dit qu’ils ne peuvent pas garder le corps là-bas. Il dit qu’ils ont tenté de se rendre à l’hôpital mais il n’y a pratiquement pas de route. Partout il y a des barricades.

“Comme par là il n’y a pas de route, nous avons appelé nos parents qui se trouvent à Hamdallaye. Nous leur avons dit d’aller récupérer le corps à l’hôpital. Comme ça on va essayer de trouver comment nous allons organiser son inhumation”. Ajoute-t-il.

Les parents des victimes ont rappelé qu’ils vont se plaindre auprès des autorités pour la mort de leur fille et ils ont demandé en plus aux autorités judiciaires de tenir en compte leur plainte.

Au moment où nous réalisions cette interview, la bataille faisait rage dans le quartier entre jeunes manifestants et force de l’ordre. Partout dans le quartier des barricades ont été érigées, accompagnées de jets de pierres. Des coups de fusils et bombes de grenade lacrymogène éclataient partout. Chacun était enfermé dans sa cour.

Par Mamadou Sanoussy Diallo pour couleurguinee.com