Dans son combat contre la propagation de Coronavirus en Guinée, le gouvernement a mis en place un conseil scientifique de riposte. Il est composé de 17 membres. Ce mercredi Professeur Alpha Amadou Bano Barry, le Directeur de Master de Socio-anthropologie de la santé de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia (UGLCS), aussi membre de ce conseil scientifique s’est exprimé sur la gestion du Covid 19 en Guinée.

« C’est une tâche du conseil. Notre travail va consister pour l’essentiel à renforcer un regard, des suggestions aux gouvernement dans les actions à prendre pour arrêter la pandémie » a-t-il dit

L’avènement d’Ebola a permis aux chercheurs guinéens de tirer les leçons de la gestion d’une crise sanitaire a dit ce chercheur « La première, c’est la communication. Si vous avez remarqué, depuis l’apparition de coronavirus, la communication de crise est très contrôlée. La raison, c’est pour éviter certaines choses qu’on avait constatées pendant Ebola. Certains mots et propos utilisés ont plutôt créé des problèmes au lieu de les résoudre. Ensuite, la dimension Socio-anthropologue à l’époque d’Ebola a été prise en compte un peu tard » révèle-t-il. Aujourd’hui, le nombre de cas confirmés de Covid 19 ne cesse de grimper. Ce socio-anthropologue à sa lecture de cette situation

« Quand vous regardez le début du coronavirus en Guinée et sa progression on se rend compte que c’est sensiblement identique à ce qui s’est passé dans la plupart des pays de la sous-région. Nous sommes à une phase dangereuse et ça devient relativement compliqué. Ça veut dire qu’on a plus à faire à ceux qui sont rentrés d’Europe ou ceux qui ont été en contact avec ceux qui sont rentrés d’Europe. On rentre dans ce qu’appelle les épidémiologies « une contamination communautaire ». La maladie est rentrée maintenant à l’intérieur des quartiers et est en train de se propager à des personnes qui n’ont pratiquement pas de liens directs avec les premières personnes qui ont été déclarées positives» a-t-il souligné.

A la question de savoir pourquoi la Guinée n’a pas opté pour le confinement vu la propagation de cette maladie Professeur Bano Barry émet des hypothèses

«Le ratio faible des personnes infectées à l’intérieur des personnes contacts retrouvés est faible. Par exemple quand on a 150 personnes, il n’y a que 3 ou 4 qui sont malades et tous les autres sont saints. La deuxième c’est le coût économique social et psychologique du confinement. Et 3ème cas, c’est les difficultés pratiques de la mise en œuvre du confinement. Cela veut dit que les forces de sécurité appliquerons à la lettre les principes et règles du confinement » a-t-il indiqué.

Par Abdul Karim Barry Pour couleurguinee.Info