Avant l’adresse à la Nation du Président Alpha Condé pour prolonger l’Etat d’urgence, le couvre-feu était respecté à la lettre à Kaloum. Mais, depuis ce discours dans lequel il a repoussé le couvre-feu à 23h, il y a un relâchement dans les rues et les habitations de la presqu’île de Kaloum. Les pick up de la Gendarmerie ne font plus ou peu la ronde nocturne. Ca veille maintenant jusqu’au petit matin. Des boites de nuit ont recommencé à faire danser des jeunes insouciants.
Mamady Sylla, salarié d’une boite de nuit nous a dit qu’ils continuent à fonctionner avec la complicité de certains agents qui ferment les yeux sur des cas, moyennant des billets de banque.

« Ici, nous, on travaille de 22 heures à 5 heures du matin. Avant, on s’enfermait ici,  les gendarmes qui patrouillent ne voyaient rien. Mais, ils ont découvert le coin après et certains d’entre eux se sont entendus avec notre chef. Depuis, chaque fois qu’ils passent, le chef leur donne un peu. Et ils nous laissent travailler jusqu’à 5 heures du matin. Ils s’en foutent » révèle ce jeune
Nous lui avons demandé comment les clients se cachent pour aller dans les boites de nuit. Et il a répondu à notre question
«  Au début, les gens avaient peur de venir mais depuis trois semaines maintenant, quand il viennent, s’ils ne reste pas jusqu’à 4 heures, nous donnons un ticket, une sorte de laissez-passer qu’ils montrent à nos partenaires gendarmes. Et ils passent sans problème » a révélé ce jeune

Les boutiques et quelques restaurants aussi restent actuellement ouverts jusqu’à 1heure du matin. Kaloum ne respecte plus les gestes barrières, une fois la nuit tombée.

Par Abdoulaye Bah pour couleurguinee