En dépit du décret du Président Alpha Condé en date du 27 mars, les mouvements des personnes de Conakry vers l’intérieur du pays se font dans la clandestinité.

Dans certaines gares routières, certes, le syndicat refuse que les chauffeurs embarquent les passagers. Mais, dans d’autres la pratique se fait en catimini. Un syndicaliste qui a requis l’anonymat s’est exprimé ce dimanche à cet effet.

« Si les chauffeurs que vous avez ici ne sortent pas le matin pour aller travailler, ils n’auront pas quoi manger. Les passagers aussi ne trouvent leurs marchandises ou ne peuvent vendre qu’en se déplaçant. Le confinement n’est pas envisageable chez nous, les gens vivent au jour le jour. Il n’y a aucune mesure d’accompagnement »

A la gare routière de Bambeto, les véhicules sont là, les accès principaux qui servent de rentrée et de sortie aux véhicules sont fermés. Seule une petite porte est ouverte pour permettre la sortie et la rentrée des personnes.

Des témoignages recueillis indiquent cependant que la vente de billets et des embarquements clandestins se font les matins à l’extérieur du Park et dans la plus grande discrétion. Le prix du transport se négocie entre chauffeurs et voyageurs. Un des témoins cite à titre d’exemple, le transport de Conakry pour se rendre à Mamou qui se négocie entre 125.000fg et 140.000fg.

La mesure annoncée par le chef de l’Etat, interdisant le déplacement des personnes de Conakry vers l’intérieur du pays jusqu’à nouvel ordre est loin d’être suivie dans les gares voitures. C’est devenu un moyen d’enrichissement illicite de certains syndicalistes véreux.

Certains chauffeurs du transport inter urbain, continuent à dérouler leurs activités dans la clandestinité en complicité avec des agents de force de défense et de sécurité. Ceux qui continuent à effectuer des déplacements de Conakry vers l’intérieur du pays, en bravant l’interdiction des autorités sont-ils conscients du danger de leurs agissements ?  A en croire les explications des uns et les autres, certains citoyens continuent toujours à nier l’existence de cette maladie qui est en train de faire des malades en Guinée.

Un chauffeur trouvé à Kagbélén n’a pas dissimulé son état d’âme:

« Je suis très inquiet, quel sera notre sort, il y a la maladie, il y a la nécessité. Il y a des familles à nourrir » dit-il.

Désormais, sur des tronçons qui coûtaient 180.000fg, les passagers sont obligés de débourser 300.000fg. Ce qui constitue un véritable problème pour les passagers.

A la gare routière de Kindia, située à Kagbélen, les véhicules de transport inter urbain ne sont même pas cachés.  Les véhicules chargent et bougent devant tout le monde, y compris devant les agents de la police routière qui régulent la circulation au rond-point.

Donc, le gouvernement doit faire en sorte que ces mesures édictées ne soient pas un calvaire pour la population.

Le pire c’est que, ceux qui sont chargés de veiller à l’application de cette mesure sont les premiers à la violer en prenant de l’argent avec des chauffeurs pour leur permettre de franchir les barrages.

Il revient aux autorités de prendre des dispositions pour isoler totalement Conakry afin d’éviter de transporter le virus à l’intérieur du pays.

                                                               Par Mamadou Baïlo Diaguissa Sow pour couleurguinee.