Le secteur agricole est aujourd’hui fortement touché par coronavirus. Il a presque paralysé les activités agricoles. C’est ce que révèle Docteur Diawo Baldé, expert agricole en développement locale, gestion des programmes et projets. Selon lui, la pandémie est venue trouver un système agricole déjà beaucoup fragilisé. C’est ce qui dit-il rend d’ailleurs la situation alarmante.

« Malheureusement, si vous prenez toutes les filières que ça soit la pomme de terre, le riz, la banane, la tomate, toute ces spéculations pratiquement ne sont pas dans la logique d’une chaîne de valeur » regrette-t-il

Avec cette pandémie, les conséquences sont énormes indique-t-il.

« Par exemple, pour les producteurs de pomme de terre, et j’imagine aussi pour les autres, parce que si vous prenez aujourd’hui la production d’ananas et autres cultures, elles sont pratiquement confrontées aux mêmes problèmes. Aujourd’hui, il y a une non vente qui est liée aux difficultés, à l’accès aux marchés intérieurs de la Guinée, ainsi que la sous-région.  Aussi, le fait que les écoles, les restaurants et autres lieux de grandes consommations soient fermées, il ne faut pas minimiser ça. Donc, ça fait qu’il y a une surproduction qui est là sur place. Et cela risque d’affecter les producteurs » dit-il

Autres difficultés évoquées par cet agronome, c’est la montée en flèche du prix des intrants agricoles.

« Aujourd’hui, les prix sont multipliés par trois. Moi, j’achète aujourd’hui le sac à 300.000fg ce qui était à 135 000fg. C’est pareil pour les pesticides et tous les intrants agricoles. Et forcément, ça va impacté sur le prix de revient et de la vente. Et ça va aussi agir sur le panier de la ménagère. Très souvent aussi, les semences sont importées. Donc, vu la fermeture des frontières, on est tenu de faire recours à la 1ère ou 2ème génération qui affectent un peu le rendement » précise-t-il.

La Guinée n’a pas une chaîne  de transformation. Chose que regrette cet expert agricole. Il plaide pour une facilitation à l’évacuation des produits pour, dit-il, minimiser les pertes.

« Cette pomme de terre, on aurait pu la transformer en purée ou en frite surgelés. Si on avait un dispositif résilient par rapport à ça on aurait pu approvisionner le marché local. Ce qui malheureusement ne sera pas le cas. Vous avez aujourd’hui des producteurs qui sont bloqués pour la sortie des intrants au niveau des barrages. Il faut faciliter la disponibilité des intrants. C’est le début de la campagne agricole, sinon les conséquences seront énormes pour les années à venir » estime-t-il

Pour finir, cet expert en monde paysan propose des pistes de solutions.

« On aurait pu réquisitionner certains véhicules des camp pour faciliter le transport dans les zones de consommation notamment à Conakry et les autres régions. Encourager ou réinventer la construction des magasins et de chambres frigorifiques » recommande-t-il.

 Par Abdul Karim Barry Pour couleurguinee.info