Longtemps allié du président Alassane Ouattara, qu’il a aidé, en tant que chef de la rébellion, à accéder au pouvoir pendant la crise postélectorale de 2010-2011, Guillaume Soro était devenu premier ministre, puis président de l’Assemblée nationale, avant de rompre avec le chef de l’Etat début 2019.

Guillaume Soro est aujourd’hui visé par une plainte, déposée jeudi 7 mai à Paris, dans laquelle il est notamment accusé de « torture »« assassinat » et « crimes de guerre » en 2004 et 2011. Il s’agit d’une plainte avec constitution de partie civile, qui permet aux demandeurs dénonçant des faits pouvant être qualifiés de crimes de réclamer la désignation d’un juge d’instruction pour mener des investigations, sans passer par une enquête préliminaire du parquet.

Dans cette plainte Guillaume Soro, qui conteste les accusations, est notamment présenté comme le commanditaire de l’enlèvement, suivi de torture et d’assassinat, d’Ibrahima Coulibaly, un ex-chef rebelle ivoirien, le 27 avril 2011. Les plaignants demandent également des poursuites pour des morts causées lors de combats entre factions rivales dans la nuit du 20 au 21 juin 2004 à Bouaké et Korhogo, qu’ils attribuent aux Forces nouvelles de Guillaume Soro.

Les avocats Noémie Saidi-Cottier, Laurence Greig et Joseph Breham dans un communiqué relèvent : « Après de longues années d’impunité, cette plainte avec constitution de partie civile tend à ce que les responsabilités des auteurs, complices et autres donneurs d’ordres soient enfin exposées ». Les avocats Français justifient cette saisine par le fait que Guillaume Soro réside depuis fin 2019 en France.

Guillaume Soro, par l’intermédiaire d’un de ses conseillers, Me Jean-Marc Fédida dit avoir donné des instructions « Les faits dénoncés dans cette plainte sont faux et j’ai donné instruction à mes avocats de déposer une plainte en dénonciation calomnieuse » a réagi Guillaume Soro.

Candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle, prévue en octobre en Côte d’Ivoire, Guillaume Soro a par ailleurs été condamné par la justice de son pays, fin avril, à vingt ans de prison pour « recel de détournement de deniers publics » et « blanchiment de capitaux » lors de l’achat de sa résidence d’Abidjan, en 2007.

Louda Fogo Baldé, directeur de publication de couleurguinee.info