Nombreux sont les victimes du couvre-feu instauré par le Président guinéen. Les citoyens ne cessent de se plaindre des exactions des forces de l’ordre dans des différents quartiers de Conakry. Dame Djeïnaba Hothia Diallo est vendeuse d’athièkè au quartier Da-Es-Salam, dans le secteur Sinthiourou. Elle ne vit pas avec son mari, elle nourrit ses enfants à travers ce petit commerce qu’elle fait depuis des années. Elle revend chaque nuit devant sa cour. Le dimanche aux environs de 20heures, bien avant même 21heures, alors qu’elle était préoccupée à servir ses clients, elle a reçu une visite inopinée des forces de l’ordre. Elle a vu son commerce vandalisé, tout déversé par terre. Cette dame dit qu’elle n’a pas été brutalisée mais la perte qu’elle a enregistrée est énorme.

Et elle précise que ce n’est pas la première fois qu’elle est agressée par les forces de l’ordre. Chaque fois dit-elle, des hommes en uniforme viennent s’en prendre à elle. Le dernier cas en date, c’est quand elle a perdu un bidon d’huile de 10 litres.

« Ces agents sont venus bien avant 21heures. Ils sont venus, ils ont détruit tout ce que j’ai préparé. Ils ont déversé tout par terre. Ils ont cogné les portes. Heureusement, ils ne nous ont pas agressés physiquement. Ils ont déversé les aliments et sont repartis. Ce n’est pas la première fois qu’ils viennent détruire mon commerce. L’autre fois, ils sont venus, ils ont tout saccagé, ils ont déversé un bidon d’huile de 10 litres, des poissons, des pommes de terre. Ils ont piétiné tout et ils sont partis. Je n’ai pas effectué le calcul pour savoir le montant que j’ai perdu puisque je revends en détail, mais je sais quand même  que la perte que j’ai enregistrée est énorme. En cette période de couvre feu, je revends jusqu’à 21heures, je rentre et quand je fais le comptage, parfois je totalise un montant de 500.000fg, mais hier lorsqu’ils sont venus, je n’avais même pas revendu 300.000fg » a-t-elle fait savoir.

Djeïnaba Hothia Diallo demande aux forces de l’ordre d’arrêter ces agissements. « C’est  eux qui sont chargés de sécuriser les citoyens, s’ils se livrent à des tels actes, ce sont les citoyens qui vont souffrir parce qu’ils n’auront pas où se plaindre » dit-elle.

Par Mamadou Baïlo Diaguissa Sow pour couleurguinee.