Comment ne pas être admiratif face au moral haut, au mental de fer qui caractérisent notre consœur Moussa Yero Bah. Ce lundi, dans l’émission « Œil de Lynx » de la radio Lynx Fm, elle a donné espoir à ceux qui pensent que coronavirus, c’est la fin du monde. Elle est hospitalisée au Centre des traitements épidémiologiques de Donka. Elle prend la vie du bon côté en attendant sa sortie que nous souhaitons imminentes.

« Bon! Je vais bien comme je le dis chaque fois. Je suis toujours là parce que le deuxième prélèvement que j’ai fait s’est encore avéré légèrement positif…».

Cette journaliste se dit optimiste cependant : « J’ai pris du Curam qui est un antibiotique qui pouvait juste arrêter une croissance du virus et éviter une surinfection et donc c’est ce qui fait que j’ai du mal à évacuer le virus.  Donc, je suis toujours à Donka. J’ai fait un autre prélèvement hier, je croise les doigts et j’espère que ce dernier pourrait être négatif afin de rejoindre ma famille » a-t-elle souhaité

Ce qui en revanche attire l’attention de cette journaliste, ce sont les quelques dysfonctionnements constatés dans ce centre. La prise en charge alimentaire, entre autres. Les repas servis ne reflètent pas les montants alloués à la lutte pour la survie

« Nous, parfois, les parents nous apportent à manger. Mais, les gens qui n’ont pas la chance d’avoir de la famille ici, c’est difficile. Je vous informe qu’hier, le ministre de la santé était là on lui a montré le pain qu’on nous amène ici. Dans lequel on a mis de la mayonnaise à la sauvette. C’est comme pour des prisonniers.  Je ne comprends pas en fait qu’on prenne des gens comme ça. C’est juste incroyable. Je pense qu’on peut faire mieux » estime-t-elle.

En observatrice avertie, aucun détail ne lui échappe : « Vous avez des gens ici qui sont costauds et quand vous voyez les plats qu’on leur amène ça ne fait rien en fait. J’ai échangé une fois avec une dame qui m’a dit que depuis le matin elle a passé la journée ici sans nourriture.  Les choses ne viennent pas à temps. Le petit déjeuner peut rester jusqu’à 9h 10h et le dîner parfois jusqu’à 21h » explique-t-elle. Et puis, aucun fruit, aucune légume, aucun dessert n’accompagne ces plats de disettes.

Quant aux conditions d’hygiènes, elles sont tout autres : « Moi, par exemple, je demande chaque fois qu’ils changent les draps. Je ne sais pas pour les autres. Mais, moi, je n’attends pas qu’on vienne changer. Pour la chambre aussi, vous pouvez les voir de temps à autres. Ils viennent nettoyer. Et à notre tour, nous faisons de notre mieux. Mais, je pense que le nettoyage devrait se faire au minimum 2 fois par jour » a-t-elle sollicité.

Moussa Yéro Bah a lancé un message aux citoyens : « Aux grandes personnalités surtout je voudrais qu’on ne banalise pas cette maladie. On peut avoir tout les moyens et vouloir rester chez soi pour se faire soigner mais je pense que ça ne marche pas. Si vous dispersez les efforts des médecins, vous contribuez à rendre la situation encore plus difficile en restant chez vous. Les gens aussi qui ont été dépistés et qui sont encore dans la nature qu’ils sachent qu’ils sont en train de mettre la vie des autres en danger » a-t-elle dit en guise de conseil.

Par Abdul Karim Barry Pour couleurguinée.Info