Face à la presse jeudi, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux Mamadou Lamine Fofana a déclaré que « l’adoption du texte final par le référendum met hors d’usage tous les documents qui ont contribué à son élaboration ». Il affirme que le texte promulgué le 6 avril 2020 et publié au Journal officiel de la République le 14 avril 2020 est le seul et unique ‘’applicable et opposable à tous’’.

Ce vendredi 05 juin 2020, l’avocat maître Mohamed Traoré s’est exprimé au nom du Barreau, pour tenter de mettre fin au débat relatif à la falsification de la nouvelle constitution. À l’entame de son intervention, il dit être étonné par ce qu’il appelle la ‘’légèreté et de la facilité » avec laquelle le ministre de la Justice pense qu’on peut régler cette affaire.

«Il avait fait une première sortie pleine d’espoir. Il avait dit qu’il allait mettre en place une commission afin de vérifier d’où vient cette erreur et que l’opinion en sera par la suite largement informée. Autant cette première intervention était rassurante, autant celle d’hier est décevante » a-t-il martelé

L’ex bâtonnier pense que c’est un véritable problème qu’on ne peut pas régler avec autant de facilité. « Le ministre de la justice dit de manière très ferme que c’est la constitution qui a été publiée au journal officiel d’avril 2020 qui est désormais d’application. Mais, il faut se poser la question de savoir quelle constitution a été soumise au référendum ? » s’est-il interrogé

Maître Traoré se félicite du fait que « nous avons la chance d’avoir un texte qui a été publié dans le journal officiel sous forme de projet. Une fois adopté, ce texte ne devait subir aucun changement, même une correction ».

Il se demande à date « quelle est la constitution qui nous est applicable ? Contrairement à ce que le ministre dit, on ne peut pas dire sur un ton martial dire que c’est cette constitution (promulguée) qui est opposable. La constitution de 2010 a été décriée en raison du fait qu’elle n’était pas légitime pour n’avoir pas été soumise au référendum. Mais là, nous avons une constitution qu’on veut nous imposer alors qu’elle n’est pas celle que le peuple a adoptée. Il y a un problème de légitimité »a-t-il répété.

Pour cet avocat, tous les Guinéens conscients qu’il y a eu alteration du texte devraient se saisir de ce problème. Le Barreau de Guinée demande que le texte faussement qualifié de constitution soit retiré et il mènera des actions dans ce sens afin d’arriver à l’objectif qu’il s’est assigné promet l’ancien Bâtonnier.

Par Mamadou Alimou Diop pour couleurguinee