Par RFI

Jair Bolsonaro a appelé mardi, dans son premier discours de président, à un « pacte national » pour « libérer définitivement » le Brésil « du joug de la corruption, de la criminalité, de l’irresponsabilité économique et du carcan idéologique ». L’ancien capitaine de l’armée de 63 ans a préconisé « un vrai pacte national entre la société et les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire » lors de ce bref discours devant le Congrès à Brasilia, où il est devenu officiellement le 38e président de la première puissance d’Amérique latine.

L’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro ouvre une ère de rupture chargée de lourdes incertitudes avec le virage à l’extrême droite du Brésil. Le nouveau président brésilien a d’ailleurs confirmé dans ce premier discours sa volonté de mettre en œuvre une politique ultra conservatrice, promettant de « respecter les religions et les traditions judéo-chrétiennes », tout en « luttant contre l’idéologie de genre ». Il a également réitéré son intention de libéraliser le port d’armes.

Avant de signer un registre officiel à la Chambre des Députés lors d’une cérémonie boycottée par la gauche, le président Bolsonaro a prêté serment, s’engageant à « défendre et appliquer la Constitution » tout en œuvrant pour « l’Union, l’intégrité et l’indépendance du Brésil ». Le vice-président, le général Hamilton Mourao, lui aussi investi mardi, a prêté le même serment.

« Ce jour où le peuple a commencé à se libérer du socialisme »

Le nouveau président s’est ensuite rendu au Palais du Planalto pour y recevoir des mains de son prédécesseur Michel Temer l’écharpe présidentielle, une pièce de soie jaune et verte, sertie d’or et de diamants. L’écharpe présidentielle sur l’épaule, Jair Bolsonaro s’est adressé au peuple : « Je me tiens devant toute la nation en ce jour, jour où le peuple a commencé à se libérer du socialisme. Je suis ici pour répondre et me compromettre à ce désir de changement. Nous avons des ressources minières abondantes, des terres fertiles pour Dieu et pour un peuple merveilleux. Nous avons une grande nation à reconstruire et nous ferons cela ensemble. Les premiers pas ont été faits. Grâce à vous j’ai été élu avec la campagne la moins coûteuse de l’histoire. Nous ne pouvons pas laisser que des idéologies néfastes viennent diviser les Brésiliens. Des idéologies qui détruisent nos valeurs et traditions, qui détruisent nos familles et notre société. Que Dieu bénisse cette grande nation ! Le Brésil au-dessus de tout, Dieu au-dessus de tous ! ».

« Ceci est notre bannière », a-t-il ajouté en agitant un drapeau brésilien, et « elle ne sera jamais rouge » sauf si « notre sang doit être versé », a-t-il ajouté.

Rupture avec la tradition de multilatéralisme du Brésil

Jair Bolsonaro, dont la carrière politique se limite à 27 ans de députation sans autre relief que ses outrances verbales, n’a pas fait mystère de sa volonté de renverser la table pour extirper le Brésil de ses crises multiples. Le capitaine de réserve devrait lancer au pas de course une série de réformes pour inaugurer son mandat de quatre ans.

La cérémonie d’investiture a donné le ton de la future ligne diplomatique de Brasilia, très pro-américaine, opposée aux régimes de gauche et en totale rupture avec la tradition de multilatéralisme du Brésil. L’un des rares dirigeants étrangers invités à Brasilia est le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont Brasilia souhaite se rapprocher, de même que le Premier ministre hongrois ultra-conservateur Viktor Orban. Le président américain Donald Trump l’a félicité dans un tweet « pour son grand discours d’investiture », ajoutant : « Les Etats-Unis sont avec vous ».

(Avec AFP)

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