Chaque jour, comme bon nombre de mes camarades, nous nous rendons dans les hôpitaux et cliniques privées, ici en Guinée et ailleurs dans le monde. L’optique est d’apporter le sourire à une personne qui pleure parce que tout simplement, elle a mal.

Nous quittons ceux qui nous sont chers (enfants, épouses/x, mamans,  papa et ami/es…) dans l’espoir de les retrouver dans une ambiance familiale chaleureuse chaque soir comme d’habitude.

Nous posons nos espoirs sur du loin,

Un jour faire une grande carrière médicale.

Venir à la rescousse de ceux qui nous ont soutenus durant nos longues études.

Œuvrer avec charité dans la prise en charge des malades en offrant gratuitement nos soins aux plus nécessiteux.

Ces bonnes intentions qui nous animent sont souvent méconnues par bon nombre de nos concitoyens mais aussi moins accompagnées par la politique.

Depuis le dernier trimestre de l’année 2019, nous personnels de santé (médecins, infirmiers, assistants techniques de santé, pharmaciens…) sommes en premières lignes face à la COVID19 partout dans le monde de Wuhan à New-York, de Paris à Conakry en passant par Dakar. Ce sont des milliers de toubibs qui se sont mobilisés, le plus souvent, des jeunes étudiants, moins expérimentés ou des personnes du troisième âge avec des comorbidités qui, au prix de leurs vies, nous apportent ce qui est plus chers dans cette vie : La santé.

Aujourd’hui combien de médecins parfois dans l’oubli ou dans l’indifférence totale de nos autorités contractent le virus ?

Parfois périssent ou une fois à domicile contaminent leurs propres familles.

Il faut faire 7 ans plus 1 an de thèse à l’Université, s’inscrire à un DES, après pensé à fonder une famille pour savoir combien de fois avoir un enfant est un trésor.

Ces médecins rentrent à domicile avec tous les risques que nous pouvons imaginer.

La récente lettre adressée au PM par les médecins soignants au CTEPI  qui s’inquiètent du manque d’équipement de protection individuelle dans le dit centre montre combien de fois le sacrifice des hommes de blouse blanche est énorme dans cette lutte.

Connaissant parfaitement le danger qu’ils encourent, nos médecins avec des maigres équipements, affrontent le pire dans l’anonymat,  pourtant le métier de sauver des vies nous apprend également à sauver la nôtre.

Dans ces conditions de travail, le risque de se faire contaminé est énorme et d’ailleurs connu de tous.

Sachant aussi qu’ils sont non relogés après service, ils rentrent à domicile retrouver ceux qui leur sont chers avec la peur au ventre du risque infectieux qu’ils représentent pour leurs entourages (époux/ses, fils, père, mère et ami/es…).Contaminé et agressé

Si de nombreuses communautés ont à cœur de saluer l’action des professionnels de la santé, il est inquiétant de constater que dans d’autres contextes, le personnel est la cible de harcèlement et de violence.

Parfois dans les transports en commun, voire à leur domicile, à cause de leur implication même dans la lutte contre le Covid-19.

Les membres du personnel de santé qui dispensent ces soins devraient être mieux protégés, notamment en leur facilitant l’accès aux équipements de protection requis. Une autre mesure essentielle serait d’aider ceux des autres services à isoler les patients présentant des symptômes de Covid-19, afin de prévenir le risque d’infection pour les autres patients, et pour le personnel médical.

En dehors du CTEPI, ces héros qui sont déjà dans l’oubli total se battent pour faire survivre les soins de santé dans les autres services hospitaliers (cardiologie, pneumologie, médecine général etc…), les centres de santé, et les cliniques privées.

Non équipés, parfois même non répertoriés convenablement ces jeunes affrontent le virus chaque jour sans équipements de protections adéquats.

D’ailleurs si ceux du CTEPI se plaignent du manque d’équipement que vont dire cette autre catégorie?

Je voudrais demander à nos autorités en Guinée combien de médecin ont contracté le virus dans l’exercice de leurs professions?

Également à L’OMS et à l’ONU combien de médecins dans le monde sont décédés dans l’exercice de leurs professions ?

Ces quelques mots d’hommages et de reconnaissances à nos confrères partout en Guinée et dans le monde était un devoir de mémoire pour que notre lutte ne reste pas dans l’indifférence même si nous la menons au risque de périr.

Votre confrère 

BARRY IBRAHIMA SORY

Président SOS Cœur Sud

Plateforme citoyenne 224