La plupart de migrants se rendaient tous les ans à Huelva ou Lleida en catalogne, pour la cueillette des fruits dans la région. Avec la crise du Covid-19, ils n’ont pu venir que tardivement à cause de la fermeture des frontières. Pour l’essentiel, ces saisonniers viennent d’Europe de l’Est ou d’Afrique

Début mai, les agriculteurs ont donc lancé un appel pour recruter des travailleurs. Les espagnoles n’ont pas répondu à l’appel. Pour cause, les conditions de vie sont difficiles et le travail mal payé .Beaucoup de migrants – avec ou sans papiers – vivant en Espagne se sont donc pressés pour prêter main forte dans les champs comme chaque année d’ailleurs. Nous avons échangé avec une migrante enceinte de cinq mois. Elle nous a expliqué, les larmes aux yeux, une autre facette de leur vie.

« A part des travaux durs que nous faisons, nous sommes des esclaves sexuels pour nos employeurs d’une part et les migrants de l’autre. Je suis enceinte, mais je ne sais pas de qui franchement » se plaint-elle.

Dans les ghettos des temporeros, le plus fort est le roi. Cette jeune femme a critiqué le « harcèlement continue » et les viols dont elles sont victimes dans les champs.

Il convient de noter qu’au cours des trois dernières années, à la suite d’une enquête publiée par el español, plusieurs femmes ont signalé des abus sexuels dont elles ont été victimes. Une centaine de plaintes a été accumulées, qui avait abouti  à l’arrestation d’un Marocain avec un passeport espagnol de 47 ans qui travaillait comme  chef manœuvre dans une propriété à Moguer explique el español .

La Catalogne, produit une grande partie des fruits sucrés de l’Europe. « Nous sommes unanimes la dessus, mais ne serait pas important de savoir les conditions de vie de ceux qui y travaillent ? » s’interrogent des citoyens.

De Barcelona, par Aliou Safiatou Diallo pour couleurguinee