Daniela Ortiz, une activiste anti colonialiste et raciale a fui l’Espagne à bord d’un avion destiné à rapatrier des citoyens belges bloqués par le covid 19.

Elle a été victime d’une campagne d’attaques xénophobes et de menaces d’agressions physiques sur les réseaux sociaux et en privé a expliqué la vanguardia un journal espagnol. L’artiste, qui travaille au Centre d’art Reina Sofía et au MACBA, entre autres musées, est une défenseure des droits de l’homme, ainsi qu’une militante éminente du mouvement antiraciste et anti colonial en Espagne, où elle vivait depuis 13 ans.

Ortiz (Cuzco, 1985) explique aux médias locaux que « mon travail artistique se confond avec le militantisme politique, analyse et dénonce les mécanismes par lesquels la violence juridique est exercée contre les personnes immigrées et radicalisées en Espagne et dans l’Union européenne ».

Le 17 juin, Ortiz avait participé au programme Espejo Público de Antena 3. Ils l’ont appelée pour donner son avis sur la démolition de monuments publics qui exaltent le racisme et le colonialisme suite aux événements survenus aux États-Unis dans la chaleur du mouvement Black Lives Matter et qui  s’est propagé à travers le monde. Elle a fait valoir que le monument de Colomb de Barcelone, où elle vivait, devrait être démantelé parce qu’il s’agit d’un exemple du racisme et colonial. Un avis qui n’a pas plu aux animateurs de l’émission qui d’ailleurs se sont acharnés chaudement contre elle et en directe lors de l’émission. Une présentatrice avait déclaré qu’il est inacceptable que la statue soit vandalisée, Ortiz  répond: « Bien sûr, parce que vous êtes blanche et vous êtes d’accord avec le racisme qui est vécu aujourd’hui. »

D’ailleurs plusieurs réseaux sociaux avaient supprimé les postes de l’activiste faisant la campagne de démolition des symboles du racisme et colonialisme en Espagne.

La situation est préoccupante si les défenseurs des droits de l’homme qui sont admirés par le grand public  font l’objet  d’insultes sexistes et racistes, de menaces souvent directes et sexuelles, je me demande ce que seront les petits quelques-uns comme disait l’autre.

 De Barcelona par Aliou Safiatou Diallo pour couleurguinee

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