L'invité de la rédaction

Exclusivité : A bâton rompu avec DIALLO Thierno Mamadou Baïlo, Professeur Agrégé de physique chimie et Docteur d’Université en CPGE, diplômé de l’université Jussieu Paris 6

single-image

Notre système éducatif est malade et il faut le soigner. Pour cela posons-nous les bonnes questions, pourquoi ça ne marche pas ? L’échec de nos jeunes c’est NOTRE ECHEC, dixit DIALLO Thierno Mamadou Baïlo, Professeur Agrégé de physique chimie et Docteur d’Université en CPGE, diplômé de l’université Jussieu Paris 6, enseignant et responsable pédagogique d’un Bachelor d’Ingénierie à l’ile de La Réunion.

Couleurguinee.info

Bonjour Monsieur Diallo, merci d’avoir accepté d’accorder cet entretien à notre quotidien électronique couleurguinee.info.

Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs.

Je m’appelle DIALLO Thierno Mamadou Baïlo, je suis né à Koundara en 1966 de parents enseignants ayant servi à Dalaba, Koundara et Conakry. Ma mère est originaire de Companya à Labé et mon père de Termessé à Koundara. Je suis marié et père de deux enfants (20 ans et 16 ans).

Je suis Professeur Agrégé de physique chimie et Docteur d’Université, diplômé de l’université Jussieu Paris 6.

Actuellement j’exerce mes activités professionnelles à l’ile de La Réunion comme enseignant mais aussi comme responsable pédagogique d’un Bachelor Ingénierie que j’ai monté au sein du campus en 2013 après avoir été ouvert une classe de CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles) en 2012.

J’ai fait mes études primaires et secondaire en Guinée (école Mamadou Boiro de Koundara, collège et lycée de Yimbaya à Conakry, puis une année en Electronique à l’ENAM de Conakry). Ensuite après un concours, j’ai bénéficié en 1985 d’une bourse à l’ENS de Rabat où j’ai obtenu mon diplôme universitaire en Physique-Chimie et sciences de l’éducation. J’ai poursuivi mes études post universitaires à l’école nationale supérieure de chimie de Paris avec un DEA en chimie appliquée et génie des procédés industriels et naturellement ensuite un doctorat en chimie des procédés.

A la fin de mes études doctorales en 1995, les conditions d’emplois en France étaient un peu difficiles (notamment pour un étudiant étranger), j’ai donc passé les concours de l’éducation nationale (le CAPES et l’Agrégation que j’ai brillamment réussi).

J’ai enseigné à la fois dans le secondaire et dans le supérieur en école d’ingénieur et en CPGE. En 2012, j’ai été muté à l’Ile de La Réunion pour l’ouverture d’une CPGE dans le sud de l’Ile.

J’enseigne les sciences physiques et de l’ingénieur, mais j’exerce aussi des responsabilités pédagogique et syndicales. Je suis aussi vice-président de l’organisme (FORMIRIS) qui est chargé de la formation des enseignants du primaire et du secondaire.

courleurguinee.info

A tout seigneur tout honneur, nous allons commencer par les résultats scolaires qui viennent d’être proclamés dans notre pays. Ces résultats sont respectivement de 24,38% pour le bac et de 44,11% pour le BEPC. Quel est le regard d’enseignant que vous êtes par rapport à ces résultats ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo

Honnêtement, pour un enseignant ou pour tout citoyen ou parent, je trouve cela très inquiétant et même triste pour notre Nation. Un taux aussi faible prouve que le système actuel ne fonctionne pas et donc il faut AGIR.

A chaque fois on attend les résultats des examens pour mettre les responsabilités sur le dos de Mamadouba ou Aminata ou alors accuser le manque de moyens financiers, les grèves. Mais personne n’anticipe le problème alors qu’il est prévisible. On a l’impression que c’est toujours la même chose, on « tourne en rond » et on recommence les mêmes erreurs et on s’enfonce.

Notre pays a le potentiel, le personnel et les moyens nécessaires pour sortir de cette fatalité mais encore faudrait-il qu’il y ait une volonté politique et patriotique de nos décideurs.

L’Etat doit agir en mettant en place un meilleur système de formation des cadres en général. Les enseignants doivent être plus compétents, pouvoir vivre avec un salaire décent, et avoir les moyens pédagogiques nécessaires pour faire leur travail.

Plus de 50% d’une classe d’âge en échec (bac ou pas bac) cela veut dire que les adultes n’ont pas fait leur travail d’éducation, c’est tout ! Et notre pays est en train de s’enfoncer en laissant ses enfants à la marge de l’évolution du monde.

Je suis un peu dur mais c’est la vérité et les faits sont révoltants.

courleurguinee.info

Quel était à peu près le taux d’admission à votre temps ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo

Je ne me rappelle pas exactement du taux en 1984 année d’obtention de mon bac, mais tous mes camarades de l’époque ont eu leur bac en 1984 ou 1985. Et surtout on a pu faire des études supérieures ou technologiques.

courleurguinee.info

Quelle est la moyenne dans la sous-région en ce moment si vous le savez ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo

Il me semble que dans la sous-région en général le taux de réussite au bac est relativement bas et inférieur à 50%.

courleurguinee.info

S’agissant de la France en général et l’île de la Réunion où vous vivez en particulier, quel est ce taux ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo

Les taux en France et en Guinée sont incomparables. Si je prends l’exemple de mon lycée, le taux de réussite est de 98% avec presque 85% d’admis avec des mentions ! Au niveau national, toutes séries confondues le taux de réussite avoisine de 90%.

La France n’a pas le meilleur système éducatif inclusif mais d’énormes moyens humains et économiques sont mis à profit pour permettre à tous d’accéder à une formation adaptée.

courleurguinee.info

Revenons maintenant au système éducatif guinéen. Aussi paradoxalement que cela puisse paraître, les responsables en charge de l’enseignement se félicitent du bas niveau de réussite au bac, estimant que c’est la preuve de la rigueur dans l’application du slogan « tolérance zéro ». Comment vous trouvez cela ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo

Je suis partisan de la justice et du mérite. Mais encore faudrait-il que le système qui forme et qui évalue ces jeunes soit juste. Ne rejetons pas la totalité de la faute aux jeunes. Comment voulez-vous demander à votre bébé de se lever et de marcher si vous ne lui avez pas appris à se tenir debout et à marcher ?

Notre système éducatif est malade et il faut le soigner. Pour cela posons-nous les bonnes questions, pourquoi ça ne marche pas ? L’échec de nos jeunes c’est NOTRE ECHEC.

Le principe d’une évaluation est de mesurer ou quantifier le degré d’apprentissage des élèves. Mais cet apprentissage a-t-il été fait dans les règles de l’art ? Beaucoup de nos jeunes réussissent dans plusieurs domaines mais pas à l’école. Notre école forme-t-elle suffisamment pour ce qu’elle veut évaluer ? Soyons honnête, la réponse est NON.

Nos autorités aussi ont raté largement leur travail à l’image des évaluations du baccalauréat donc il n’y a pas à en être fier !

courleurguinee.info

L’autre paradoxe est la baisse, d’année en année, du niveau des élèves alors que depuis 35 ans la Guinée a renoué avec l’enseignement en français uniquement. Pourquoi cette situation, selon vous ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo

Je peux vous confirmer bien évidemment que les conditions de travail des enseignants et des élèves se sont considérablement dégradées. Notre système éducatif est décadent, les faits le prouvent. Les autorités font certainement des efforts, mais sont-ils adaptés ? Sont-ils ciblés ? Sont-ils optimisés ? Y a-t-il une évaluation de ces efforts, de leurs efficacités ?

Ma génération a été la dernière à avoir eu le bac en ayant fait le primaire et la première année du collège en langues nationales. En 8e année tout était en français et ce n’était pas non plus facile car beaucoup d’entre nous ne comprenions pas suffisamment les cours. Donc c’était pour beaucoup du par cœur. Le passage au français dès le primaire aurait dû résoudre ce problème mais il est devenu encore plus accentué. Cet échec est lié au fait que la transition vers « le tout français » a été rapide et la croissance de la population n’a pas bénéficié d’une réadaptation du système éducatif : classes surchargées, zones abandonnées, insuffisance d’enseignants formés, …

On doit maintenir l’enseignement en français mais aussi introduire nos langues nationales dans l’enseignement comme on le fait pour l’anglais par exemple. Toute personne doit pouvoir lire et écrire dans nos langues nationales, l’alphabet latin étant le plus simple et le plus adaptés car déjà utilisé. Rien n’empêche ensuite, mais à un niveau plus élevé, d’introduire des alphabets africains.

courleurguinee.info

Le système éducatif guinéen souffre du fait que, en 1968, la Guinée a exigé à des enseignants formés par le colon et dans la langue de celui-ci de former les enfants en langues nationales. Ils ne le pouvaient pas. Mais n’osaient pas rechigner. En 1984 cette fois on demande à des enseignants formés en langues nationales de former cette fois en français. Ceux-là le voulaient mais ne le pouvaient pas. Quel regard portez-vous sur ces contrastes ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo

Vous avez ciblé une des causes qui a rendu notre système borgne voire aveugle. Tout cela aurait pu mieux fonctionner si nos autorités avaient réagi raisonnablement, c’est-à-dire former régulièrement les enseignants et leur donner les moyens de vivre de leur métier. On n’a pas besoin de milliards ni de 50 ans pour cela. Il était possible d’absorber au mieux ces deux changements de stratégie pour le progrès de notre Nation. Mais la démagogie et l’incompétence de certains décideurs ont pris le dessus et voilà où on en est arrivé.

Moi j’ai eu de très bons enseignants au primaire, au collège et au lycée en Guinée. J’en profite d’ailleurs pour remercier toutes celles et tous ceux qui m’ont permis d’arriver là où je suis et je suis fier de mes enseignants de l’école Mamadou Boiro de Koundara, du collège/lycée de Yimbaya et du CNAM de Coléah.

courleurguinee.info

Devant l’incapacité de l’Etat à envoyer des enseignants partout dans le pays, certaines zones enclavées ont opté pour ce qu’on appelle ici en Guinée des enseignants « communautaires ». Ces enseignants sont payés par la communauté. Qu’est-ce que cela vous inspire comme commentaire ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo

C’est vraiment triste et écœurant, cela signifie que l’Etat n’assure pas une de ses prérogatives : « éduquer ses enfants sans distinction » !

courleurguinee.info

Vous êtes un enseignant de profession, de vocation et même de passion, selon vous comment ce secteur peut relever les défis auxquels il est confronté ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo

Il faut que les autorités acceptent de faire table rase et prendre ce problème avec toute son importance. Notre pays, avec tout son potentiel humain, est capable de surmonter ces difficultés en moins d’une décennie.

Refonte des programmes, développement et adaptation de l’enseignement professionnel et technologique, formation des enseignants, amélioration des infrastructures, utilisation des techniques numériques pour accélérer les réformes.

courleurguinee.info

Vous avez écrit de nombreux ouvrages consacrés à ce domaine. Quels sont les principaux ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo

J’ai constitué une équipe d’enseignants Guinéens et Français afin de rédiger des manuels scolaires « Made in Guinea ». Une maison d’édition a été immatriculée (Badiar45Education) et un projet a été transmis aux autorités, mais rien d’effectif n’a suivi. En réalité, en étant expatrié, c’est très difficile de faire avancer les choses chez nous. Lors de mes séjours en Guinée, j’ai rencontré de nombreux cadres à l’INRAP, au ministère, des proviseurs, des enseignants et aussi à l’Harmattan Guinée, ils ont tous apprécié ma démarche et m’ont encouragé.

J’ai réalisé un premier manuel de chimie pour les terminales, j’ai fait imprimer en couleur un échantillon de 72 pages. Il a été proposé gratuitement aux autorités et à certains établissements à Conakry, Kindia, Mamou, Labé et Koundara. A mon niveau, d’autres manuels sont en cours de rédaction ou de correction mais l’évolution des choses en Guinée fait que ce n’est pas encourageant et propice à la réalisation de tels projets. Ce travail doit être accompagné par les autorités et ne doit pas être un travail personnel.

Vu l’importance du projet pour notre Nation, je souhaiterai que le ministère ou le Président de la République donnent le feu vert et les moyens nécessaires pour qu’en collaboration avec l’INRAP et les inspecteurs on puisse former localement une équipe d’experts et d’enseignants pour :

* nettoyer les programmes scolaires dans toutes les matières et à tous les niveaux du secondaire

* réaliser et diffuser des supports papiers, numériques et vidéos pour chaque niveau

* former des enseignants

* trouver des solutions de formations efficaces pour l’enseignement professionnel et technologique

Je suis sûr qu’en deux ans le problème sera surmonté à ce niveau. C’est largement faisable et le coût est largement supportable par notre pays. Et pour une fois on aurait des supports pédagogiques de qualité « Made in Guinea » et largement adaptés à notre culture et à nos besoins. Travail qui pourra être exporté dans tous les pays francophones d’Afrique.

courleurguinee.info

Pourquoi un spécialiste pétrit de talent que vous êtes ne mettrait pas son savoir et son savoir-faire à la disposition de son pays ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo

Je ne demande que cela, j’ai proposé mes services d’assistance technique à l’INRAP et aux ministères de l’éducation. J’ai obtenu des retours positifs des personnes des différents services mais l’inertie du système fait que jusqu’à présent rien n’est réalisé en Guinée.

Dans un domaine plus large et à moindre frais, un centre de formation des cadres peut être mis en place en Guinée afin d’aider à améliorer leur niveau de compétences dans un large éventail.

En dehors de l’éducation, je propose aux autorités de mettre à disposition un pool de cadres chevronnés dans des domaines différents (éducation, finances, économie, santé etc) constitué d’un réseau d’anciens étudiants guinéens qui ont évolué à l’étranger ou en Guinée et qui sont aujourd’hui des experts dans leurs domaines afin d’organiser un partenariat permettant la mise en œuvre d’un programme de formation des fonctionnaires guinéens.

Il y a un ministère qui peut recenser des Guinéens de l’étranger, nous sommes nombreux à travers le monde à vouloir rendre à notre pays ce qu’il nous a donné. Il faut agir !

courleurguinee.info

J’imagine que vous avez suivi le bras de fer qui a opposé le ministère de l’enseignement supérieur aux universités privées. Selon certains observateurs, le gouvernement était devenu une vache laitière pour ces universités privées tout comme ces dernières étaient également la mère nourricière de certains cadres du ministère de tutelle. Quel est votre avis sur cette question qui a défrayé la chronique ces dernières années ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo

Comme toujours, cela n’est certainement pas tout à fait noir ou blanc, mais il est clair que des cadres ont bien su profiter de cette manne financière. Il y a certainement eu conflit d’intérêts et dans un sens l’Etat a fait son job, mais cela a-t-il suffit ?

Les universités ou écoles publiques manquant de places, l’Etat pourrait comme en France, solliciter ces établissement privés en signant avec eux des contrats d’associations. En retour l’Etat aurait une visibilité complète sur les établissements concernés (effectifs élèves, recrutement et formation des enseignants,)

courleurguinee.info

Monsieur Diallo, vous vivez dans un territoire d’outre-mer. Autrement dit une colonie française qui est l’Ile de la Réunion. Lorsque vous voyez la façon dont la France gère ce territoire et ses habitants, est-ce qu’il vous arrive parfois dans votre for intérieur de regretter pourquoi votre pays a pris son indépendance ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo

Je vais d’abord rectifier, La Réunion n’est pas une colonie française mais comme vous l’avez dit juste après, c’est un département de France, comme la corse, la bourgogne, l’ile de France, la Guyane, etc…

L’histoire a fait que La Réunion est restée rattachée à la France et la Guinée a pris son indépendance. C’est deux évolutions de l’histoire de ces territoires géographiques et de leurs habitants. Un Réunionnais est fier d’être Français et Européen, un Guinéen est fier d’être indépendant et Africain.

Je ne regrette rien car je suis né dans un pays indépendant, certes avec des difficultés mais ce pays m’a fait grandir et m’a donné le bagage nécessaire pour avancer avec fierté dans ma vie.

Ce que je souhaiterai ce que chaque jeune puisse grandir librement, dans la justice, être éduqué dans son pays, vivre et fonder une famille. Cela est possible quel que soit le pays.

courleurguinee.info

Justement, même si vous êtes un technicien, est-ce que vous suivez l’actualité politique de votre pays ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo

Effectivement, avec la presse numérique dont vous êtes une vitrine, il est plus facile de lire ce qui se passe au pays, la preuve est que vous me demandez même mon avis alors que je suis très éloigné du pays.

C’est facile à dire mais il est de notre intérêt que toutes les filles et fils de la Guinée se donnent la main pour sortir des difficultés dans lesquelles notre pays se trouve. L’intérêt de la Nation au-dessus de l’intérêt de certains (la politique a trait à la communauté, à la multiplicité, …), on a une richesse culturelle, sociale et économique, c’est une chance qu’il faut mettre en avant.

courleurguinee.info

Comment vous vivez cette situation politique de loin ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo

 Pendant longtemps j’ai été peu intéressé, un peu naïf, j’avais confiance aux politiques et surtout mon métier et ma famille étaient prioritaires. Mais dans notre pays il y a souvent eu confusion entre politiques, enrichissement illégaux, autoritarisme, …

Maintenant je lis régulièrement pour me tenir informé de ce qui se passe, mais je reste quand même plus sensible aux problèmes sociaux, économiques, …. La politique m’a moins attirée car globalement ce n’est pas une réussite, même si certains luttent pour faire avancer notre jeune démocratie. Ce que je ne supporte pas, c’est ces interminables élections, car entre deux élections rien ne bouge. A peine finit la précédente que l’on commence déjà à préparer la suivante !

courleurguinee.info

 Votre dernier mot ?

DIALLO Thierno Mamadou Baïlo             

Bien évidemment, je vous remercie de m’avoir donné la parole, je souhaite à votre journal numérique toutes les réussites professionnelles.

Je souhaite aussi à notre jeune Nation un développement radieux, dans la justice et dans la paix.

Merci.

Propos recueillis par Habib Yembering Diallo

 

Laissez un Commentaire

Your email address will not be published.

Articles Connexes