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Fin de législature et bilan : A cœur ouvert avec le député uninominal de Ratoma El Hadj Mamadou Aliou Bah

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« Ratoma a une jeunesse brave qui a été et qui est à la base de l’instauration de la démocratie en Guinée ; Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, c’est cette jeunesse de Ratoma qui les a protégés.  Vous avez eu à remarquer qu’il y a eu des heurts ailleurs que ça se passe à Kaloum, Matoto ou Matam, ils transportent toujours ces problèmes à Ratoma pour venir tuer à Ratoma comme si la population était un gibier à abattre à chaque minute » dixit le député  El Hadj Mamadou Aliou Bah du parti Union des Forces Democratiques de Guinée  (UFDG)

Couleurguinee.info : Actualité oblige, on sait que depuis vendredi passé, l’opposition (Alliance républicaine et Liberal démocrate) a décidé de reprendre les activités au sein de l’assemblée nationale. Activités qu’ils avaient suspendues depuis quelques semaines. Donnez-nous les motifs de ce retour ?

Nous avions posé des conditions avant de quitter l’hémicycle. Nous avions cité un certain nombre de problèmes face à la date qui était donnée pour les élections législatives à savoir le 28 décembre. Nous nous étions érigés vivement contre cette date, qui était unilatéralement fixée et sans aucun élément de départ permettant un dénouement de cette élection. Et qu’il n’y ait pas de contestations enfin de compte, parce que, tout le temps c’est la question qui a été posé et on se dit chaque fois, il ne faudrait pas qu’il y est des heurts suite aux élections, donc ces conditions ont été vraiment remplies par l’Etat. Nous nous sommes rendus compte que quand ces conditions ont été complètement élucidées, le président de l’Assemblée nationale nous a écrit en nous invitant de reprendre les activités mais nous lui avons dit « Monsieur le président, nous souhaiterions que vous vous impliquez vivement dans la libération de nos collègues qui ont été injustement arrêtés ».

Mais, ça a tourné et quand on a libéré nos camarades du FNDC, nous nous sommes dits alors que l’élément de la dernière condition est rempli. Au moment où nous partions, ces gens n’étaient pas arrêtés, la façon dont on les a arrêtés nous nous sommes dits, qu’il fallait absolument que ces gens soient libérés parce que c’est de manière illégale qu’ils ont été arrêtés. Donc, c’est à l’issue de tout ça que nous sommes convenus à savoir l’alliance républicaine et le libéral démocrate qu’il fallait retourner à l’hémicycle. Maintenant que les conditions ont été remplies par l’officiel. Voilà les raisons de notre motif.

Couleurguinee.info : Honorable vous êtes élu depuis 2013. On sait que votre mandat est arrivé à termes d’après les textes de notre constitution. Mais, malgré tout, il a été prolongé par le président de la République. Alors honorable que peut- on retenir de votre bilan au compte de vos 5 ans à l’hémicycle ?

Ecoutez, moi j’estime avoir remplie pleinement mon devoir. Un député n’est pas membre d’un exécutif. Nous ne gérons pas de l’argent pour construire des ponts ou des immeubles, encore moins des routes. Notre devoir, c’est répondre présent à l’hémicycle, traiter les dossiers dans l’intérêt de la population guinéenne et je pense avoir rempli pleinement cela. Il y a d’autres activités que ne je pourrai pas vous citer ici, que j’ai exécutées en tant que député au niveau de ma commune. On venait tomber sur les jeunes de ma commune, notamment de Dar es Salam, et moi personnellement j’ai rencontré le ministre pour lui demander qu’il fasse arrêter ces opérations. On arrête des jeunes qui prennent du thé la nuit leur arracher des téléphones et sous qu’ils avaient dans leurs poches. Partout où on m’invite, où il faut défendre Ratoma, je le défends corps et âme. Il faut bien que je rappelle à nos mandants que nous n’avons pas pour rôle de construire une route ou autres infrastructures. Le rôle d’un député, c’est d’être présent à l’assemblée nationale, voter des lois qui vont dans le sens de l’intérêt de la population guinéenne. A ce sens, je pense avoir valablement rempli mon rôle. J’avais d’autres propositions que je voulais faire à Ratoma. Malheureusement, notre parti a envisagé d’envoyer des parrains au niveau de toutes les préfectures. Moi, je suis député uninominal de Ratoma, on a dit à tous les députés uninominaux de rester dans leurs circonscriptions mais moi, on m’a demandé d’aller à Yomou.

Donc, j’assurais le parrainage de Yomou, c’est pour ça que certains disent qu’ils ne me voient pas. C’est vrai, ils ont raison et je pense qu’avec cette opération, le président avait raison parce que nous n’avions rien mais avec la bataille que nous avons eue à mener sur le terrain, nous avons eu quand même des résultats, par endroit on est premier vice maire. Alors, si le parti n’avait pas pensé à m’y envoyer, on aurait continué à ne rien avoir au niveau de Yomou. Et tous récemment aussi, j’ai fait des tournées en forêt presque dans 30 sous-préfectures et là ce sont des tournées qui ont porté. Je vous assure, c’est vrai, si les gens disent qu’ils ne me voient pas, mais il ne faudrait pas qu’ils pensent que je suis absent. Et n’oubliez pas aussi les cas de maladies, j’ai passé par exemple 3 mois au lit. Maintenant là, je suis en train de tourner pour observer dans les CAERLES, voir les irrégularités et les remonter à la CENI, parce que quoi que je fasse, c’est seulement la CENI qui peut corriger ces anomalies. On est en train de recenser à outrance aujourd’hui en Haute Guinée des mineurs. Il y a tous les problèmes que vous pouvez imaginer dans les fiefs de l’opposition pour les empêcher de se faire enrôler. Puis, ils empêchent les responsables et les agents techniques de l’UFDG munis de leurs ordres de mission alors qu’ils sont envoyés à l’intérieur du pays pour signaler les dysfonctionnements dans différentes CAERLES.

Couleurguinee.info : Qu’est-ce vous avez pu faire ou entreprendre à l’assemblée nationale dans le cadre des tueries interminables dans la zone de Ratoma mais aussi sur la question des installations des PA ?

A l’assemblée rien n’est fait parce que vous savez la majorité ce n’est pas nous, c’est la mouvance qui est supposé être majoritaire. Ce n’est pas que nous n’avons pas posé le problème. Pour les PA, quand le ministre de la défense est passé à l’assemblée, j’ai posé des conditions parce que nous avons lu les textes. J’ai attaqué par endroit les textes, quand on a dit que l’Etat veut signer un contrat dans le cadre de la sécurisation de la population avec autrui. J’ai posé la question de savoir qui est cet « autrui » avec les conditions sociopolitiques actuelles ? C’est avec les donzo de la haute Guinée ? Tels qu’ils sont en train de le faire là-bas, ils sont même allés jusqu’à déshabiller un corps de l’armée, voilà je me posais toutes ces questions. Ensuite, j’ai posé la question au ministre, ces PA à Ratoma est-ce pour rassurer la population de Ratoma ou la population de Conakry ? Si c’est le cas, qu’ils en installent dans les autres communes aussi. Parce que Ratoma n’est pas un ghetto. Ratoma a une jeunesse brave qui a été et qui est à la base de l’instauration de la démocratie en Guinée ; Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, c’est cette jeunesse de Ratoma qui les a protégés.  Vous avez eu à remarquer qu’il y a eu des heurts ailleurs que ça se passe à Kaloum, Matoto ou Matam, ils transportent toujours ces problèmes à Ratoma pour venir tuer à Ratoma comme si la population était un gibier à abattre à chaque minute.

Couleurguinee.info :  Avez-vous fais des déclarations officielles sur ces cas ?

J’ai vaillamment attaqué cela dans beaucoup de radio de la place. J’ai fait des attaques, mais tout ce que je peux, c’est dénoncer cette action barbare, insouciante vis à vis d’une partie de la population guinéenne, avez-vous une fois entendu parler, une seule fois de la constitution d’une commission d’enquête pour l’assassinat d’un ou deux ?

Couleurguinee.info : Au-delà des discours qu’est-ce que vous avez pu faire pour les victimes de Kaporo rails, Dimess et Kipé 2 ?

Alors pour certains qui ont été victimes, j’ai eu des sorties en Europe. J’ai essayé de rencontrer des organisations caritatives, j’ai posé une doléance d’assistance, vis à vis de ces victimes. Vraiment, j’ai eu l’accord d’une des organisations qui s’est transportées ici. On est venu, on a fait des dons à des handicapées, des jeunes qui sont handicapés par les forces d’Alpha. Nous sommes allés chez eux et leur avons donné de l’argent pour leur assistance et ce jour, j’étais accompagné par des journalistes et c’est des journalistes qui ont été sélectionnés par cette organisation. Je ne pourrai pas vous dire les montants mais honnêtement ils en ont eu de l’argent et tout le monde était satisfait. Voilà des démarches que je suis en train de faire, j’ai la promesse d’autres organisations mais c’est si je retournais pour qu’on ficelle très bien cette arrivée éventuelle de l’organisation pour assister toujours ces victimes-là. Alors, pour ce qui est des familles des autres victimes, il y a eu des accords qui ont été signés. Il est question de dédommager ces familles, de les indemniser. Nous attendons toujours l’exécution de cet accord quoi que ce gouvernement n’a jamais respecté ses engagements voilà ce que nous pouvons faire.

Couleurguinee.info : Que répondez- vous aux citoyens de la commune de Ratoma qui disent que vous êtes « absent » et peu visible sur le terrain ?

 

Ceux qui sont en train de le dire je connais leur intention, ça s’est déjà matérialisé aujourd’hui sur le terrain. Je connais, mais ça ne m’inquiète pas. Je suis un homme politique. Je suis sensé être attaqué par les uns et les autres, c’est normal. Mais ils ne peuvent pas me dire que je ne suis pas sur le terrain. Moi, je passe dans les associations. J’ai fait par exemple appel à certains secrétaires généraux de ma circonscription. Je leur ai dit à chaque fois « Regroupez- moi la population pour que je passe faire des entretiens avec elle. Je leur fais certains compte rendu, que nous sommes en train de faire au Palais. Ça n’a jamais eu lieu sauf dans certains endroits où je suis passé. J’ai fait des entretiens bien entendu on a fait des débats et maintenant je passe dans certains cafés puisque je n’ai pas eu l’application effective ; comme je le souhaitais de la part de certains responsables donc je passe dans les cafés je fais l’entretien avec des gens que je trouve en place.

Couleurguinee.info : Vous êtes passé dans combien de quartiers ?

Je ne peux pas vous dire le nombre de quartier mais c’est plutôt les cafés. Parce que les quartiers, c’est si les secrétaires généraux me mobilisaient la population que j’ai pouvais passer et dire puisque je suis toujours avec mon petit carnet, pour relever le nom du quartier où j’ai fait le débat mais puisque ce n’est pas le cas je profite souvent de certaines de nos mobilisations à savoir les mariages ou des baptêmes pour informer voilà. Puisque je n’ai pas eu gain de cause, mais je sais quelque part, il y a de ces mauvaises volontés qui se permettent de m’attaquer de gauche à droite mais ça ne me dit absolument rien, ces attaques. Moi, ce qui m’inquiéterais, c’est si jamais je n’accomplissais pas ce pourquoi ils m’ont élu. Je suis fière et je le dis à haute et intelligible voix que j’ai accompli ma tâche. Je suis en train de faire des interventions, j’ai fait d’autres actions que vous me permettrez de ne pas déclarer ici et qui ne sont pas déclarables voilà. Cela, ce sont ceux pour lesquels j’ai fait ces actions qui savent que j’ai fait.  Je suis satisfais parce que j’espère avoir été utile à une partie de ma population mais je ne peux pas être utile à tout le monde, c’est à dire que je ne pourrai pas servir tout le monde comme ils l’auraient souhaité. Je ne peux faire que ce pourquoi ils m’ont élu. Aller au palais, voter des lois en leur faveur. Maintenant, si l’application sur le terrain n’est pas effectif tel qu’il aurait pu être ça ne serait pas de ma faute, c’est la mauvaise gouvernance.

Couleurguinee.info : Parlez-nous de votre bilan à l’assemblée au compte des 5 ans de la législature ?

Au compte des 5 ans que j’ai passés à l’assemblée nationale, je pense avoir vécu député, comme tous les autres députés. Tous les travaux de l’assemblée nationale, j’ai traité des textes, j’ai critiqué des textes, ces textes ont été améliorés à l’avantage et dans l’intérêt de la population guinéenne. Je pense que ça c’est déjà beaucoup. J’ai fait maintenant des actions à l’interne comme je vous l’ai dit tantôt qui sont des actions individuelles. Je n’ai pas pu exécuter le gros de mon programme que j’avais puisque finalement, je ne pouvais pas rester à Conakry à tout moment, de temps à autre on est à l’intérieur du pays pour superviser ça et autres activités. En principe, n’eut été l’approche des élections, nous devrions être à l’intérieur du pays pour assister nos militants dans leur recensement. Parce qu’on est en train de leur mettre des bâtons sous les roues. On empêche systématiquement que nos militants s’enrôlent. Si on était sur le terrain, on aurait pu agir positivement, en défendant la cause de ses derniers, en disant non vous devez absolument les recenser parce que c’est de leur droit de se faire enrôler. C’est un devoir citoyen de voter dans ce pays. Donc, au terme de ces 5 ans, voilà ce que j’ai pu faire. Il y a des actions que j’ai accomplis à l’interne que je ne pourrai pas vous dire mais il faut que les gens sachent qu’un député n’est pas un exécutif il n’y a pas un budget qui est voté pour des constructions de routes, d’immeubles ou de terrains de football ou quoi que ça soit. Nous, nous pouvons aller qu’auprès des nantis pour demander leur assistance pour pouvoir venir en aide à ceux qui en sont les plus nécessiteux et c’est ce que j’ai fait.

Couleurguinee.info : Les élections législatives pointent à l’horizon. Souhaiteriez-vous être candidat à nouveau au compte de Ratoma ?

Je le veux bien, parce que j’ai un programme qui est en veilleuse, que je voudrais vraiment mettre en exécution dans Ratoma et ça c’est au profit de la jeunesse mais à condition qu’on me laisse dans ma circonscription qu’on ne m’envoie pas en forêt parce que, Yomou c’est la dernière préfecture de la Guinée. Je ne peux accomplir cette activité que si je suis dans ma circonscription, j’ai déjà focalisé des éléments le terrain est balisé, j’ai des gens qui sont prêts à m’assister dans ce sens, mais c’est si je suis présent ici, que je peux vraiment accomplir cette autre activité. Sinon je ne peux pas le faire.

Couleurguinee.info : Alors qu’est-ce que les citoyens de Ratoma pourraient attendre de vous ?

 Non, le problème est que si je suis réélu, c’est que je serai toujours député, je ne suis pas maire de la commune, ce n’est pas moi qui gère le budget de fonctionnement de la mairie de la commune de Ratoma, donc moi je ne suis qu’un député c’est à dire je suis quelqu’un qui porte des lois, qui propose des lois, qui essaye d’intervenir auprès des autorités pour parler à qui de droit au cas où un de mes citoyens se trouve léser dans ses droits voilà mon devoir.

 

Couleurguinee.info : Quel appel avez-vous à lancer aux citoyens de votre circonscription notamment ceux qui ont porté leur confiance en vous, en votant pour vous ?

Le message que j’ai à lancer à mes collègues. C’est de me croire et de savoir que j’ai toujours cette volonté qu’est de les servir. Je ne me lasserai jamais de les servir, parce que je connais que c’est une population brave, elle est victime tout le temps. Mais, je demande à tout un chacun de se ressaisir, la victoire est proche. Cependant, je demande à tout le monde, de se tenir réellement prêt pour accueillir cette victoire qui n’est plus lointaine. Voilà ce que je peux vous dire au terme de cet entretien. Merci à vous également et à vos différents lecteurs.

                                    Propos recueillis par Mamadou Alimou Diop pour couleurguinée

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