Adjudant-chef Tinguiano Bernard, le Commandant de la Brigade spéciale de protection des personnes vulnérables de la gendarmerie nationale était devant les journalistes ce jeudi. Il a fait le point de la situation des viols en Guinée ces derniers temps. Il apparaît que les violeurs ont le vent en poupe et qu’ils sont déterminés à poursuivre cette pratique si rien n’est fait.

Depuis, le fonctionnement de la brigade en février, 27 cas de viols dont 17 ont été déférés. ” De viols, je vous parle seulement que de viols. On travaille sur d’autres thématiques comme l’abandon des enfants, sur les violences intra familiales. Et aujourd’hui, on travaille sur une thématique à propos des enfants qu’on envoie à partir des villages, qu’on exploite ici, comme domestiques”  explique cet officier

Il rappelle que cette brigade a été créée pour protéger toutes les formes : les cas de viols. Les mineurs étant des personnes vulnérables. Donc, spécifiquement sur le viol.

« Aujourd’hui, nous sommes en train de travailler sur ces questions. On ne va pas s’arrêter seulement au volet répression. On est en train de mettre quelque chose en place qu’on va partager aux parents parce qu’on a compris ce qui motive les violeurs à passer à l’acte. Il y a un bouquin qu’on est en train de faire avec notre Haut Commandant le Général Ibrahima Baldé après cette période de COVID » dit-il.

Cet officier de la gendarmerie affirme que ce livre contient  toutes les déclarations des violeurs à l’interrogatoire.

« Les mères de famille doivent faire une causerie de famille, dire à leurs filles voilà les mots : quand un jeune te dis ça, ce que l’aboutissement sera le viol. On est en train de recenser toutes ces questions. On a récapitulé toutes les pressions qui font que les filles ne dénoncent pas. Si tu dis ça, je vais te tuer, tuer ta famille ou bien quand tu dénonces, tu seras la perdante, personne ne pourra te marier. Donc, nous on va trouver des réponses qui correspondent à ce que les filles doivent répondre pour les décourager. Parce que ce sont des menaces. Et le plus souvent, le violeur est toujours proche de la fille violée. Soit, ils vivent ensemble dans la maison, ou ils sont des voisins. Et le plus souvent, ils ont des appellations qu’ils donnent aux petites filles, comme ma femme ». A fait comprendre cet officier.

MSF fait le suivi et d’autres ONG nous accompagnent dès que nous avons des cas de viols. Il y a le médecin légiste qui nous fait le rapport et c’est ce rapport là qu’on prend pour engager la prise en charge sanitaire Parce que le médecin demande toujours les rapports pour voir si le monsieur qui a violé n’avait pas d’infection ou d’autres maladies”.  Il ajoute que l’habillement n’a aucun lien avec les cas de viol

« Si on prend l’exemple sur le viol sur un bébé de deux ans est-ce que cette fille a des seins ou elle porte quelque chose de sexy qui peut exciter un homme ? » s’interroge ce commandant.

Pour le moment, cette brigade couvre 26 préfectures fait savoir ce gendarme.

Par Aïssatou Diallo pour couleurguinee