Ce sont des données de 2018 rendues publiques par Monsieur Camara Souleymane, chef de projet Mutilations génitales féminines/Excision du ministère de l’action sociale de la promotion féminine et de l’enfance. Cet organe de l’Etat développe des stratégies de lutte qui commencent à porter des fruits.

Sur le plan local, l’Association Guinéenne des assistantes sociales a mis en place le 116, un numéro vert d’alertes permettant de dénoncer tout cas de mutilation ou d’excision. Courant 2018, cette ONG a enregistré près de 46.700 appels liés aux violences faites aux femmes. Parmi ces appels, 27.881 cas sont des violences basées sur le genre. Et dans ce lot, 10,12% des cas signifiés sont liés aux Mutilations génitales féminines.

Pour arrêter cette pratique jugée dangereuse pour la gent féminine, l’Etat guinéen a doté l’Oprogem, l’office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs d’un code pénal qui traite des questions de mutilations génitales. A ce jour 23 personnes ont été victimes de mutilations. Les auteurs ont été arrêtés et traduits en justice.

Selon Ibrahima Henry Rifaq, commissaire de police, chef du département protection du genre et l’enfance, ces auteurs risquent entre 2 et à 5 ans de prison assortis d’amendes.

Le pionnier de la lutte contre les MGF en Afrique, le Guinéen Dr Mory Sanda Kouyaté, directeur exécutif du comité interafricain de lutte contre les MGF a déclaré ce 6 février que « les choses sont en train de bouger ». Il rend la mauvaise interprétation de la religion, l’ignorance des lois, responsables de cette pratique. « Actuellement, ce sont les jeunes filles qui s’organisent pour dire non à la pratique. La lutte continuera tant qu’on peut » a prévenu cet activiste contre les MGF

                                                                                                                       Diaraye Cissé pour alerteguinee