Un portrait de Sékou Touré, le défunt premier président de la Guinée indépendante, dessiné sur le flanc d’un pont situé à Conakry, la capitale guinéenne devise les nostalgiques et des parents, amis des victimes de ce régime.  Ceux-ci sont regroupés dans une association appelée « Association des victimes, parents et amis du camp Boiro ». Ils se disent choqués par ce dessin sur ce pont.

Fodé Bokar Marega, un fils d’une victime de ce régime et porte-parole de l’association estime que « ce pont est non seulement le symbole des martyrs de la première république, mais il est aussi le théâtre de tueries de jeunes guinéens venus manifester pacifiquement en 2006 ». Il ajoute que ce pont sur lequel ont été pendus quatre hauts cadres guinéens le 25 janvier 1971 ne saurait être souillé par l’effigie de Sékou Touré. « Il vous souviendra que Keita Kara de Soufiane, Baldé Ousmane, Barry III et Magassouba Moriba ont été pendus sur ce pont » articule M. Marega qui soutient que « ce dessin sur ce pont des pendus est une insulte à l’histoire de la Guinée ».

Les fondateurs d’un mouvement qu’on appelle « mouvement Sekoutoureiste » se félicitent de l’initiative qui vise à faire ce dessin sur ce pont. M. Oumar Sylla, le coordonnateur de ce mouvement dit qu’ils sont aussi des Guinéens et qu’ils ont le droit de magnifier le Président Sekou Touré « Ce sont des jeunes qui se sont mis ensemble pour faire ce dessin sur ce pont. Ce n’est pas l’Etat. Cette œuvre est un sentiment de victoire, de réjouissance. Un combat pour que la Guinée retrouve son salut » a-t-il dit.

Ces Pro et anti Sekou Touré ne tarissent pas d’arguments pour magnifier, pour les uns, fustiger, pour les autres, ce dessin qui divisent.

Alkaly Conté pour alerte guinée.