Le viol, un problème de santé publique et de société monte ces derniers temps en Guinée. Si part le passé, il portait sur des majeurs, ça tend à changer. Les mineures, précisément des fillettes de 2 ans à 10 ans, sont devenues les cibles des violeurs. Une situation qui inquiété le président de l’ordre des médecins en Guinée. Professeur Hassane Bah, médecin légiste, s’est longuement prononcé sur ce sujet ce vendredi.

« En 2017, on était à 20% de consultations des violences sexuelles. Aujourd’hui, nous avons 30% de victimes de violences sexuelles dans notre consultation médico-judiciaire. Dans 70% des agressions sexuelles que nous avons dans le service, ces filles ont moins de 10 ans » dit-il

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette recrudescence de ce phénomène notamment la technologie estime-t-il

« Certains films que les gens voient à travers la télévision, des Smartphones. Donc, il y a un problème de mœurs » estime-t-il

Professeur Hassane Bah dit avoir entrepris une étude au niveau des centres de détentions dans le pays. Pour connaître la motivation de ces pédophiles.

« J’avoue que dans la plupart des cas, certains disent c’est simplement parce qu’ils ont une attirance sexuelles vis-à-vis des enfants. D’autres disent que c’est parce qu’ils étaient sous l’effet de la drogue ou de l’alcool. Rarement on a eu des cas de regret » déplore-t-il

Les victimes de viols peuvent avoir des séquelles physiques et psychologiques graves. Ce médecin révèle que ces séquelles sont d’autant plus graves que la victime est pré-pubère.

« Une fille à un certain âge (moins de 12 ans) qui a traîné une infection chronique, cela peut  causer une infertilité. Ça peut aussi entraîner d’autres séquelles. Donc, qui ont des problèmes de relations sexuelles à l’avenir. Il y a des conséquences infectieuses aussi. On a eu des filles qui ont contracté le VIH après une agression sexuelle. Sur le plan psychologique également on a eu récemment ici une fille qui s’est suicidée parce que tout simplement elle était victime de viol récurent de la part de son géniteur»

Certains  estiment que le viol peut avoir des impacts liés au mode vestimentaire ou à une maladie mentale. Ce médecin légiste ne partage pas ce point de vue.

« Ça, ce n’est pas une cause d’excuse. Mais, les parents doivent davantage veiller sur le mode vestimentaire des enfants. Concernant l’état mental, nous avons trouvé que près de 60% de ces personnes étaient quasi normale. Il y avait que 20% qui avaient des pathologies psychiatriques » explique-t-il

Pour lutter contre cet état de fait,  Professeur Hassane Bah demande la partition de tout un chacun

« Au niveau de la cellule familiale, les parents doivent très bien encadrer les enfants. Tu dois surveiller la fréquentation des enfants, surveiller le mode vestimentaires. Les surveiller sur le chemin de l’école et même à l’école. Maintenant, l’Etat à l’obligation de faire appliquer la loi. Enfin, la société en Général c’est de toujours sensibiliser les gens pour expliquer les conséquences immédiates et futures liées à l’agression sexuelle »

              Par Abdul Karim Barry Pour  couleurguinee.info