Depuis plusieurs années, la Guinée reste plongée dans des crises socio-politiques récurrentes dont les conséquences néfastes l’empêchent d’amorcer enfin le processus de développement tant souhaité par la population.

En effet, la récurrence des crises socio-politiques augmente le risque-pays et émet un mauvais signal à l’international tout en conduisant à une forte hésitation des investisseurs à se tourner vers notre pays. Si nous continuons sur cette lancée surtout en cette période difficile marquée par l’apparition du Covid-19, nous risquons d’assister à une délocalisation systématique des entreprises privées installées dans le pays (fermeture des unités de production, distribution et commercialisation). Une telle situation contribuerait à la baisse substantielle de notre PIB et anéantirait les perspectives de croissance et de développement durable.

La recrudescence des violences que nous avons connues durant ce mois saint de ramadan notamment à Coyah nous laisse sans mot. Les habitants de Coyah vivent aujourd’hui des moments de tristesse et de désolation en raison des récents événements que nous avons connus ces derniers jours où l’on a dénombré une fois de plus plusieurs pertes en vies humaines. C’est pourquoi, nous nous demandons jusqu’à quand allons-nous continuer à vivre dans l’inquiétude et la méfiance totale ? Jusqu’à quand allons-nous continuer à nous entre tuer ? A quel moment réaliserons  nous notre retard vis-à-vis des pays voisins ?

Mes frères et sœurs, permettez-moi de vous rappeler que nous avons aucune raison de nous entre tuer pour de la politique. Les hommes politiques se jouent de nous à tour de rôle et jusque-là nous n’avons pas encore compris qu’ils utilisent une haute stratégie de trahison appelée « diviser pour régner » dont le seul but est de nous utiliser pour parvenir à leur fin.

A mon humble avis, il est temps que le peuple prend conscience de la nécessité absolue de notre retard et, exige aux politiques des résultats à tous les niveaux sans lesquels d’ailleurs, on se passera de leur service. Les politiques publiques menées dans ce pays depuis notre accession à l’indépendance par nos dirigeants qui se sont succédé à la tête de l’Etat ont toutes échouées en raison du fait qu’elles ne tiennent pas compte de nos réalités avant d’être élaborées mais, plutôt de la volonté du FMI.

Nonobstant, au lieu de s’attaquer aux réels problèmes des guinéens qui continuent à vivre sans cesse dans une angoisse permanente nourrie par une pauvreté indescriptible, une misère sans nom en raison de la pandémie du Covid-19, l’on continue à nous entre-tuer comme des animaux alors que les autres pays mettent leur énergie à profit pour trouver les voies et moyens pour aller de l’avant.

A date, toutes les filles et tous les fils de ce pays devaient mettre leur différend de côté et trouver les vois et les moyens pour endiguer cette maladie qui continue à paralyser l’activité économique et endeuiller nos familles.

Nous devons enfin arrêter ce sport favori qui consiste à cultiver la haine, le mépris, la violence et nous concentrer sur l’essentiel car, nous avons hérité de nos anciens une Nation unie, un passé commun et un destin partagé.  Notre devoir, c’est de léguer ce pays à nos héritiers en bon état.

J’ose espérer que les Guinéens se réveilleront un jour et prendront conscience des enjeux qui nous attendent afin de construire une Guinée meilleure car, la cohésion entre les populations et le vivre ensemble dans l’harmonie et dans la paix sont dangereusement menacés. Je milite pour un élan national de bonne volonté qui, au-delà de toutes les obédiences politiques partisanes doit aboutir à sauver notre pays. Pour ce faire, une convergence de toutes les initiatives sont nécessaire afin de réussir le plus important : Retrouver notre honneur, notre fierté et notre dignité, en tant que pays réunifié, en tant qu’Etat fort et harmonieux et en tant que Nation unie et solidaire.

Par Mamadou Safayiou DIALLO

Citoyen guinéen.