Il se sera fait attendre. Le décret nommant la nouvelle équipe gouvernementale après que les députés « répéchés » de cette Assemblée nationale aient été installés le mardi 21 avril 2020, conformément au décret du président de la République. Installation aucours de la quelle l’absence des ambassadeurs et représentants des institutions internationales accréditées en Guinée s’est faite remarquée. Pour une raison sanitaire due au coronavirus ou à la politique !

Un décret pour taire, rien que pour un moment les querelles à l’interne

Il ne faut pas voir des conflits d’intérêts partout. Encadrons déjà les conflits d’intérêts directs et indirects très proches, ce sera déjà bien.

C’est actuellement la course vers les domiciles des marabouts pour se faire maintenir ou faire son entrée dans la nouvelle équipe gouvernementale attendue. Ils sont même nombreux à démissionner de l’assemblée nationale dans l’espoir de se retrouver dans la nouvelle équipe gouvernementale où il y a plus d’intérêts et davantages.

Comme on le dit souvent « si on est contre la professionnalisation des élus, il faut alors considérer que les élus ont ou ont pu avoir une activité professionnelle. C’est tout à fait normal que les ministres aient un passé et qu’ils se retrouvent potentiellement dans une situation de conflit d’intérêts. Ce qui n’est pas normal, c’est de ne rien faire et de ne pas prévenir les risques pénaux comme la prise illégale d’intérêts, se déporter protège l’institution mais aussi la personne, qui n’a pas forcément envie de prendre position sur tel ou tel dossier »

Le premier ministre n’est pas donc le seul à douter de se retrouver dans la nouvelle équipe gouvernementale. En tout cas, nombreux sont au sein de l’opinion qui parient sur son départ. Il a vraiment eu suffisamment de temps pour « libérer son esprit » jusqu’au moment où ce fameux plan de riposte adressé à la Banque mondiale vienne créer des crises de confiances entre eux au sein du gouvernement en plus de la crise sanitaire que nous essayons de gérer avec amateurisme.

La Facture qui crée la panique au sommet de l’état

Pour le coût  budgétaire engendré par la prise en charge de la facture d’eau des ménages guinéens pour les trois mois prochains, les services gouvernementaux se sont appuyés sur la SEG, qui l’a estimé à 2 millions de dollars. Une dépense à laquelle la Banque mondiale s’est engagée à contribuer, à hauteur d’un million de dollars.

Mais, la facture d’électricité elle, a fait plus de bruit, après la fuite dans la presse, le 26 avril, d’un document de la représentation pays de la Banque mondiale du 20 avril et adressé au Premier ministre.

L’opinion a pu comprendre que l’institution sollicitée par le gouvernement pour commenter son plan de riposte économique, a révèlé que le coût de la facture d’électricité à 46 millions de dollars parait surestimé.

Confronté à un véritable cataclysme politique exposé sur la place publique depuis quelques jours, Alpha Condé pourrait-être tenté de sabrer certains membres du gouvernement. Au moins un ministre devrait-peut-être s’inquiéter !

Le renvoie pour révision du plan de riposte a donc créé des suspicions au sein des membres du gouvernement. Ce qui se traduit par des coups bas entre le premier ministre et sa ministre du plan et du développement économique (ex-épouse du président de la République). Cette dernière a transmis un courrier au président de la république (son ex-époux) dans lequel elle critique le plan de riposte présenté par son chef hiérarchique. On pouvait lire dans ce courrier : « Je pense que le pays est en train de vivre un drame, il y a cette pandémie qu’on n’arrive pas à maîtriser. On n’arrive pas à apporter les solutions qu’il faut. Il faut bien qu’on essaie de faire le maximum, mais les gens ne sont pas satisfaits », toujours dans le sens de faire remarquer les défaillances dans la façon de gérer le pays et la crise sanitaire actuelle et réitérer sa volonté de bien faire elle poursuit « Moi, je ne peux pas comprendre qu’une correspondance du Premier ministre adressée au chef de l’État se retrouve sur la place publique tout simplement. Mon soucis est comment faire qu’au sortir de cette crise, qu’on ne retombe pas dans une crise économique. Je suis venue pour travailler en Guinée. C’est ce que je fais, malgré les obstacles, mais ça ne va pas me détourner de mon objectif » A rassuré Mama Kanny.

Le premier ministre n’ayant pas apprécié, que Mama Kanny adresse exclusivement au président de la République ses réserves, et non à lui qui a la mission de coordonner l’action du gouvernement, Kassory Fofana dénonce dans une correspondance qu’il a adressée au chef de l’état une attitude d’insubordination de la part de Mama Kanny Diallo. Le premier ministre accuse la ministre du plan et du développement économique de manque de loyauté, pour avoir transmis, par lettre, au chef de l’Etat ses observations sur ce plan de riposte, ignorant ainsi la Primature qui en est le concepteur « La démarche de la ministre chargée du Plan et du Développement Economique est totalement inappropriée. C’est moi qui lui ai transmis la copie du Plan de riposte économique et elle se devait, si elle avait des commentaires de me les revenir. Cela témoigne d’une indiscipline administrative et d’un manque de loyauté absolument inacceptable » A reproché le Premier ministre dans un courrier qu’il a adressé au Chef de l’Etat.

Les deux personnalités ont donc engagé un bras-de-fer autour de ce plan de riposte au coronavirus, chacun tirant le drap de son côté. Déjà, les relations entre la premier ministre et le ministre de l’Energie souffrent des effets du même plan de riposte. Au moment où le premier ministre pointe du doigt Cheick Taliby Sylla, ministre de l’énergie, qui est au centre du scandale des 40 millions de dollars jugés surestimés par la banque mondiale, voilà qu’un autre problème s’annonce entre le premier ministre et la ministre du plan et du développement économique.

Nous savons que l’économie guinéenne est très fragile. Déjà les conséquences des cinq mois de manifestations aux quelles s’ajoutent les sorties massives de fonds pour des missions et autres organisations liées aux élections controversées du 22 mars. Elle est aujourd’hui à l’agonie. L’économie a besoin d’un plus, pour tenir tête à cette crise sanitaire… Pourquoi ces coups bas !

Un arbitre nommé Alpha Condé

Aujourd’hui, le Gouvernement a beaucoup besoin de cohésion pour pouvoir lever les fonds dont il a besoin pour financer son plan de riposte économique contre le Covid-19

Il appartient au président Alpha Condé de « récompenser » comme il sait toujours le faire, celui ou celle qui s’est le plus distingué dans le bras de fer contre le FNDC qui tenait à empêcher le double scrutin du 22 mars 2020.

Dispositions à envisager : une nouvelle équipe gouvernementale

Comme c’est une situation qui, c’est évident perturbe aujourd’hui le sommeil du chef de l’État, il devrait trancher avec promptitude au dernier moment. Cela, compte tenu de l’importance que le gouvernement guinéen doit accorder à la lutte contre le coronavirus, les procédures de désignation du coupable entre les ces ministres de la République en conflit reviennent au chef de l’état. En conséquence, une nouvelle équipe gouvernementale pourrait calmer les ardeurs.

À ce jour des décisions courageuses doivent être prises pour trouver une solution à cette extrême urgence.

Entre l’ex-épouse et l’allier de dernière minute, pour qui le cœur du chef va battre ?

Attendons de voir…!

Par Louda Fogo Baldé, directeur de publication de couleurguinee.info