A Conakry, précisément dans les quartiers populeux de la banlieue, le 2 octobre est passé inaperçu.

« On n’a pas fêté cette fois-ci parce qu’il n’y a pas d’argent. On n’a même pas le prix d’un T-shirt. Avant, même si on n’allait pas au lieu indiqué pour la célébration, on se retrouvait entre amis dans le quartier. On faisait l’animation avec les sonorisations. On discutait autour du thé, on mangeait et tout. Tout se passait bien, tout le monde est content. Mais cette année ça a coïncidé avec une époque de crise politique et coronavirus » a justifié Amadou Oury Bah marié et père de famille.

On a retrouvé des jeunes dans un café. L’un d’entre eux de se lâcher

« Ça se fête à merveille. C’est une fête pour tous les guinéens. Donc même si je n’ai rien mais je suis content quand même. Soyons fiers d’être guinéen,  soyons fiers de vivre ce jour. Malgré qu’on n’a pas vécu une bonne gouvernance durant ces 62 ans » a-t-il regretté

Cet autre a l’habitude de célébrer cette fête. Mais cette année il dit ne voir aucun signe  incitatif à propos.

« Les fêtes antérieures, on voyait la capitale décorée un peu partout  par des banderoles, des drapeaux, des jeux de lumières… mais cette année, c’est tout à fait le contraire. On n’a pas vu ça. Tout les regards sont fixés sur la politique » regrette Diallo Mamadou Alpha âgé de 30 ans

Norbert Lamah est de la génération 1966. Il parle d’une différence d’année.

« Maintenant, ce n’est pas du tout la même chose. Il y a eu un énorme changement. Surtout dans ce régime du président Alpha Condé. Depuis qu’il est à la tête de la Guinée tout a changé . On ne se respecte plus, les gens sont divisés… on ne peut pas célébrer la fête joyeusement dans ces conditions » estime-t-il.

Il revient sur l’époque sous feu Conté.

« On allait au stade, au camp pour voir les manifestations. Ça nous plaisait. Vraiment c’était beau. Mais on ne voit plus rien » déplore-t-il

On a eu au téléphone un ami. Il s’appelle Mamadou Samba Keïta. Il est diplômé en langue anglaise. Il n’a pas célébré cette journée. Il dénonce un manque de considération des autorités pour la fête.

« On a l’impression que la campagne a pris le dessus. Ceux qui sont censés organiser la fête sont absents. Ils sont à l’intérieur dans le cadre de la campagne électorale. Donc, on ne peut pas célébrer » dit-il.

Par Abdul Karim Barry Pour couleurguinee.info