Aujourd’hui le constat est alarmant: la jeunesse guinéenne dort et regarde l’histoire du pays s’écrire sans elle. Elle ne s’y intéresse pas réellement, peut-être. Cette jeunesse doit se réveiller, elle doit dépasser l’image d’une  « génération de consommation ».Elle doit être une génération de bâtisseurs. Pour ce faire, il faut se dire que « pour un être humain, vivre c’est agir, par le corps et par l’esprit, non pas végéter, non pas être passif ».

Devant cette jeunesse qui, d’instinct, voudrait battre et affronter des difficultés, toute difficulté est dérobée à une jeunesse qui voudrait s’affirmer. On offre quoi ? Le ciné, la télé, les réseaux sociaux, le chômage, les casinos, les hebdos imbéciles, des métiers qui n’en sont pas uns, même s’ils paient …

Alors le problème, c’est que la jeunesse ne se bat pas, elle reste dans l’attente de jours meilleurs. Elle est devenue le cobaye  des partis politiques. Tout le temps au centre de tout : manipulation, instrumentalisation, exaction, victimes de violences politiques etc. Ces jeunes sont qualifiés par ces mêmes politiques de « jeunes incapables, de jeunes inconscients » en oubliant que ce sont les mêmes jeunes qui se battent pour les aider à conquérir le pouvoir pour ceux de l’opposition et de magnifier l’action gouvernementale pour ceux du pouvoir en place. Malheureusement, dans toutes ces action, ils ne sont ni récompensés, ni dédommagés, donc la couche juvénile reste la plus victime et la plus abandonnées.

La jeunesse doit se remettre à rêver, à se voir forte. Elle doit oser, créer la Guinée rêvée. Cela passe par le mouvement associatif et la politique. Par politique, il faut entendre le fait de se battre pour des principes et de les respecter. Cette politique la diffère de ce que beaucoup de ‘’leaders’’ font : culte de la médiocrité, contre-vérités, bassesses. Enfin ….bref les politiciens de la guinée d’aujourd’hui sont, pour la plupart, en retard par rapport aux Guinéens et à la nouvelle mentalité qui émerge.

Alors la jeunesse doit se lever et offrir une nouvelle vision. Elle doit avoir la vertu. Cette dernière pour Montesquieu n’est pas une vague propension à faire le bien, mais plutôt à avoir des idées et à se battre pour les défendre.

Nous devons essayer de changer la Guinée et les Guinéens au « cas par cas ». Sensibilisez les personnes qui vous sont proches, qu’ils en fassent de même et ça touchera toute la Guinée. Le mot d’ordre est un rajeunissement de la caste des leaders. Devenez visionnaire : Trouvez des autoroutes là où tout le monde imagine des sentiers. Et s’il faut sortir des sentiers battus, allez y, prenez les communes, amenez le changement en partant de la base.

L’homme a marché sur la lune, Zuckerberg est milliardaire, Obama est président, le Nigeria impose sa culture, Diouf a été gouverneur à 25 ans au Sénégal, Domani Doré, ministre des sports de la culture et du patrimoine historique à seulement l’âge de 27 ans et honorable Habib Baldé à  l’hémicycle à l’âge de 26 ans en Guinée. Alors pourquoi pas un jeune de 22 ans, maire dune commune ou même député ? Et qu’on ne nous parle pas d’expériences. C’est un peigne pour celui qui n’a plus de cheveux. Ce n’est pas parce qu’on a de l’expérience qu’on fait moins de fautes, c’est plutôt parce qu’on agit moins. Un jeune qui a tout l’avenir devant lui mérite autant de considération qu’un vieux.

Comme disait Haroun Tazieff : « A ceux qui n’ont pas la chance d’avoir eu des parents capables de leur inculquer la discipline de soi et un sens des vraies valeurs. A ceux qui n’ont pas eu des éducateurs qui réellement le soient. A ceux qui n’ont pas le bonheur d’avoir un métier qui satisfaisant. A ceux qui errent sans savoir pourquoi ni vers quoi, je ne puisse proposer qu’un seul remède , mais il est bon : fixez vous un objectif valable et lutter pour y parvenir. Pour le corps et pour l’esprit , n’évitez pas la difficulté , cherchez la pour la convaincre , comme le font l’alpiniste et le sportif , le technicien et le chercheur , l’artisan ou l’artiste authentique » notre objectif doit être de placer une nouvelle génération de jeunes conscients aux commandes d’une Guinée qui change.

Nous devons nous  imposer non pas en dirigeants qui ne servent au lieu de servir, mais plutôt en ceux qui s’évertuent à inventer des voies et des moyens.

Nous échouerons dans certaines batailles, on nous freinera mais malgré les échecs il faudra continuer à mener le combat. La persévérance dans le combat, la fidélité aux principes, la sagesse, le don de soi pour les besoins de notre pays seront nos qualités.

Nous ne serons plus cette caste qui suit certains types de leaders. Nous ne serons plus les moutons. Nous devons être des lions. Commencez dans vos quartiers, sortez, aidez les populations, apportons notre contribution.

Nous ne serons manipulés, ni par les beiges, ni par les bleus, nous serons les militants d’une nouvelle Guinée, le pays de la liberté, de la vérité, de la conscience collective, du civisme. Nous serons militants de la Guinée, du développement. Nous privilégierons tout simplement la patrie avant un quelconque parti.

Jeunesse de la Guinée, debout pour la gloire de notre pays.

Une jeunesse pour une conscience collective.

Une jeunesse décomplexée.

Par Mamadou Alimou Diop, journaliste

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