« Nous sommes choqués par le fait de n’avoir pas été pris en compte dans cette mémoire collective. C’est pour cela que je parle de sélection ». Declaration de Me Aminata Barry, notaire et fille de feu Barry Diawadou.

Elle a écrit au Ministre de la Culture, des Sports et du Patrimoine Historique Sanoussy Bantama Sow pour le lui signifier de vive voix. Dans sa requête, elle mentionne que « la mémoire collective ne doit pas être sélective ». Un écrit qui fait suite à la récente profanation de la tombe du président feu Ahmed Sékou Touré par un gendarme au mausolée de la Camayenne .

Cette dame prévient que sa requête n’a aucun lien avec cette profanation. Elle est simplement une suite logique du combat que l’Association des victimes du Camp Boiro mène depuis des années dit-il

« Ce n’est pas parce qu’il y a eu ça que nous demandons ça. Mais non ! Depuis 1984, on répète l’objet de nos réclamations. Lorsqu’on fait tomber le pont des pendus, c’est notre association qui était là encore. On a demandé, c’était je crois, le ministre Ousmane Bah qui était là , qu’on nous soit remis un cube ou en tout cas une barre pour qu’on puisse conserver cela et qu’on en profite pour au moins mettre une stèle là-bas. Une plaque pour que la génération qui ne sait pas ce qui s’est passé apprenne que 4 personnalités ont été pendues là » articule-t-elle.

Aux personnes qui spéculent sur la profanation de ce mausolée, cette dame répond que chacun à ses priorités.

« J’ai écouté les radios, j’ai entendu une sorte d’émotion sélective alors que profanations pour profanation, nous avons toujours été les premiers à dénoncer cela. On a régulièrement défilé devant ce mausolée là. Nous passons devant ce mausolée-là, on ne jette même pas un regard. Nous, c’est le camp boiro,notre problème » affirme-t-elle

Durant le premier régime, plusieurs endroits ont été le théâtre de meurtres. Pour cette dame, ces charniers méritent également d’être protégés.

« Aux alentours de 1985, nous avions constaté que les constructions évoluaient et sur les charniers. On a à l’époque fait la marche des charniers sur Nongo parce que c’est l’un des  premiers charniers ou repose d’ailleurs le premier secrétaire général de l’OUA Diallo Telly. Nous nous sommes battus à l’époque et on avait eu un financement extérieur pour protéger le charnier et construire une clôture. Nous avons marché tous les 18 octobre. Au pied du mont Kakoulima, nous avons constaté que des constructions évoluaient et profanaient les charniers qui avaient été réparés par notre association. Le camp boiro n’en parlons pas » rappelle cette Notaire

Les images de feu Ahmed Sékou Touré sont estampillées sur le pont du 8 novembre. Cette dame déçue du régime qu’elle dit sanguinaire y voit simplement une provocation.

« Nous, nous savons qu’une bataille elle est très courte. Mais, la guerre elle prend du temps. On est convaincu de toute façon que cette guerre-là elle sera gagnée » conclut-elle

             Par Abdul Karim Barry Pour couleurguinee.info