Il y a quelques jours, Me Pépé Antoine Lamah, avocat et membre du collectif des avocats du FNDC a, dans ses lectures, relevé un certain nombre d’altérations sur quelques articles de la nouvelle constitution. Ce mercredi Me Mohamed Traoré avocat au barreau de Guinée et ancien bâtonnier est revenu sur ce dossier. Il affirme que ce n’est pas le projet qui a été soumis au vote référendaire qui fait profit de Constitution guinéenne actuelle.

« Franchement, je me demande si les gens sont vraiment conscients de cette situation. Nous sommes en danger. Parce que cela veut dire que l’assemblée nationale par exemple peut adopter un texte, le peuple peut par voie référendaire adopter un texte et que des gens s’asseyent dans un petit coin pour dire non ce que l’assemblée a décidé ou ce que le peuple a décidé ce n’est pas ce qui va être publié au journal officiel. C’est exactement ce qui s’est passé. Vous savez que la cour constitutionnelle avait donné le 19 décembre 2019 un avis numéro 002. Et suite à cet avis, le bureau de presse de la présidence de la République a rendu public un projet de constitution. Ce projet a été commenté, discuté par certains et puis publié au journal officiel avant d’être soumis au référendum » explique-t-il

Dans le processus d’élaboration de cette « Nouvelle constitution », il y a eu trois versions. Mais, je regrette le fait qu’aucune des versions ne ressemble à l’autre. Prenons la version qui a été publiée au journal officiel. Ce projet là commence par ceci : Projet de constitution : le président de la République conformément aux dispositions de la constitution de 7 mai 2010 soumet au référendum le projet de constitution dont la teneur suit. Cela veut dire que le projet qui a été publié au journal officiel numéro spécial de janvier 2020 c’est celui là qui a été soumis au peuple. Et c’est celui là qui est censé avoir été adopté. Mais, qu’est-ce qu’on constate après le référendum. Après sa promulgation, au moment où on l’a publié au journal officiel ou après qu’il a été publié, on s’est rendu compte qu’il y a une différence sur bien des dispositions entre le projet de constitution et celui publié au journal officiel. Cela veut dire aujourd’hui que la volonté des votants ne se retrouve pas dans la constitution qui a été publiée au journal officiel. La modification la plus emblématique c’est celle concernant les candidatures indépendantes à l’élection présidentielle. Donc, les partisans du changement de constitution ont bataillé ferme en utilisant entre autres cet argument là » estime-t-il.

Il révèle aussi que la question concernant le système de parrainage n’a jamais été discutée par les partisans du changement de constitution. D’ailleurs, selon lui, ce référendum n’a aucune valeur et parle d’une question d’insécurité juridique « Lorsque le peuple est supposé s’être exprimé et que son expression n’a pas été traduite dans les textes qui ont été publiés, je pense que c’est grave ! » martèle cet avocat

Pour finir, il réitère que la présente constitution manque de légitimité « Parce que la volonté de ceux qui l’ont adoptée a été littéralement altérée » conclut-il .

Il ne reste plus qu’à faire appel à Docteur Mory Sanda Kouyaté, le pionnier de la lutte contre les violences faites aux genres afin qu’il traque et sanctionne les auteurs de cette mutilation génitale de cette Constitution guinéenne, quoique jugée illégitime par le Front national de défense de la Constitution

               Par Abdul Karim Barry Pour  couleurguinee.info