Echos de province

Guinée: Les écoles de l’intérieur du pays font face à un manque criard d’enseignants

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A l’intérieur du pays, surtout dans les zones rurales, les écoles manquent d’enseignants. Il n’est pas rare de voir un enseignant gérer tout seul toutes les classes d’une école. La rédaction de couleur guinée s’est intéressée à cette situation.

Résultats: Beaucoup d’enseignants de la fonction publique sont mutés dans les zones rurales mais n’acceptent pas d’y aller. Conséquences, ceux qui ont daigné aller portent le poids du travail, au péril de la bonne formation des enfants.

Hamidou Sow, unique enseignant de son école à Pita, précisément dans la sous-préfecture de Dognol Touma dit sa lecture de la situation en ces termes : « Ce sont les autorités qui n’acceptent pas de muter certains enseignants, qui ont les bras longs, dans les coins reculés. Pourtant, ce sont des enfants guinéens. Et puis, toutes les enseignantes sont laissées en milieu urbain ».

Tolno Jean, lui, est le directeur et l’unique enseignant des trois groupes pédagogiques de son école: «  J’ai le CP1, le CE1 et le CE2. Cette année aussi, le CP1 passe pour le CP2. L’UNICEF a créé aussi un centre d’encadrement communautaire « CEC ». Donc, il y a des enfants de la petite et de la moyenne section qui doivent être inscrits là aussi>> explique-t-il.

Au moment où il venait dans cette localité, l’école était fermée révèle Tolno et même quand elle a été ouverte, certains parents allaient chercher leurs enfants dans les classes pour les amener dans les champs. « Heureusement, ils commencent à comprendre l’importance de l’école » se réjouit-il.

Ces enseignants éprouvent d’énormes difficultés dans certaines localités. Par contre, dans d’autres, ils sont soutenus par la communauté. « Dans certaines localités, les parents nous donnent de l’argent. On ne paye pas de loyer. Certains envoient à manger, y a d’autres même qui font des champs et les entretiennent pour l’enseignant » confie Hamidou Sow. Il a déclaré qu’une prime de zone est aussi attribuée à ces enseignants ruraux. Ces primes ne sont toutefois pas payées dans tous les cas.

« Pour mon cas, par exemple, je suis dans la zone quatre, mais je ne reçois que la prime pour la zone un, faute de suivi des mutations » se lamente-t-il.

Vu le refus de certains fonctionnaires de se présenter dans leurs lieux de travail, l’Etat guinéen avait entamé l’an dernier un système de pointage visant à lutter contre ce phénomène. Une démarche qui n’a pas repris après la grève des enseignants.

Mamadou Kossa Sow Labé pour couleurguinee.

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