62 ans après son indépendance, la Guinée ne parvient toujours pas à sortir du carré des pays considérés comme les plus pauvres du continent. Les Guinéens vivent en dessous du seuil du développement malgré les efforts consentis par les régimes qui se sont succédé depuis 58.

A la question de savoir ce que la Guinée a fait de son indépendance, Facely ll Mara, journaliste et écrivain pointe du doigt la France qui selon lui n’avait pas digéré le fait que la Guinée a voté non au référendum.

« Vous savez que ça soit en Guinée ou dans n’importe quel pays, tout système politique a, ce que j’appelle ses ténèbres et ses lumières, tout système politique quel que soit le pays. Donc, avec l’évolution disons avec le nom du 28 septembre, il faut reconnaître que la France n’est pas restée tout à fait neutre. Le Général De Gaulle a été très clair. Moi, je suis fils de militaire. Quand un militaire vous dit, je vous donne l’indépendance, prenez la mais les conséquences vous en tirerez. C’est très clair, quand un chef militaire vous dit ça, ce qu’il ne va pas croiser les bras. Il va créer toutes les difficultés possibles pour démontrer que vous avez eu tort de prendre l’indépendance » a-t-il indiqué.

La France avait-elle essayé de déstabiliser la Guinée en complicité avec des fils du pays ? Facely ll Mara dit que c’est un fait réel, la France avait manœuvré dans ce sens. « Quand vous lisez les livres écrits par les confrères journalistes, ils nomment certains Guinéens qui effectivement sont accusés avec les colonels français. Ça, ça existe. Donc notre histoire il faut l’aborder avec beaucoup d’esprit, de vertu sans haine, sans passion » dit-il.

S’agissant des acquis depuis l’indépendance, Facely ll Mara dit que sur le plan éducatif, le président Ahmed Sékou Touré avait consenti énormément d’efforts. Le PDG avait réussi à mettre tout le monde à l’école.

« Il y a eu des acquis. Il y a eu beaucoup d’acquis. Sur le plan de l’éducation. Moi, j’étais fils de militaire, mon papa était bien payé, nous logions dans une maison en tôles, je portais des chaussures en 58. J’étais un enfant privilégié, mon père était avec les français. Donc, l’école pour moi, c’était une obligation. Par contre, il y en a d’autres fils de paysans qui ne pouvaient jamais aller à l’école. Sur ce plan là, le PDG a réussi à mettre tout le monde à l’école. Aujourd’hui, je connais des hauts cadres ici dont les parents étaient des pauvres. Ils ne mangeaient pas trois fois par jour, mais qui ont pu aller à l’école, qui sont devenus universitaires, qui ont eu la profession, ça c’est un acquis » a-t-il fait savoir.

Par Mamadou Bailo Djaguissa Sow pour couleurguinee.info