Dans l’émission Œil de Lynx de ce jeudi, Étienne Soropogui, le Président de l’organe provisoire de direction du parti « Nos Valeurs Communes » a dit clairement qu’il ne partage pas du tout l’avis de l’opposition guinéenne qui consiste à aller au dialogue avec le pouvoir. Pour l’installation des conseillers des quartiers et des districts. Selon lui, c’est une stratégie du gouvernement qui vise à les rouler encore dans la farine

« Quand vous êtes une opposition et qu’en face vous avez un pouvoir moribond qui est sous le banc de la communauté internationale qui malgré tout a décidé de s’inscrire dans le mensonge et le déni, vous devez faire beaucoup attention » conseille Etienne.

« Moi, je ne peux pas comprendre que quelqu’un vous a menti une fois, deux fois, notamment au siège de l’UFDG. Le ministre Bourema Condé vient nous mentir là-bas. Et puis, après, vous continuez à le suivre comme des enfants. Il faut que nous comprenions qu’il y a une contradiction assez profonde entre nous et ce régime. Je dirais même qu’il y a une rivière de sang entre nous »

Cet ancien commissaire de la CENI revient sur le processus de déroulement de ces élections dont il était membre à l’époque

« Quand on a organisé les élections communales. Il se trouve qu’au regard de la spécificité de ces élections, nous avons pris soin à l’époque, de concevoir des PV pour chaque district et chaque quartier. Vous savez dans le processus électoral en général, on a trois types de PV qui sont utilisés, notamment pour les élections nationales de manière classique. Nous avons expressément conçu à l’époque des PV pour tous les districts et les quartiers. Une copie a été remise au Président de la Ceni. Paix à son âme Me Salifou Kébé. Et une autre copie qui est retournée au ministère de l’administration du territoire » révèle-t-il

Il estime que discuter avec le gouvernement permet à celui-ci de faire savoir à l’extérieur que les négociations ont débuté en Guinée

«  Donc, il peuvent utiliser cela et dire que les discussions politiques ont commencé en Guinée. En ce moment, il n’y a plus besoin de demander qu’il ait des discussions un peu plus approfondie au regard de la profondeur de distanciations qui est entre nous » a-t-il

Cet opposant invite ses pairs à  s’assurer que leurs revendications sont prises en compte afin de décider d’aller à ces discussions.

« Quand on regarde tous ce qui se passe aujourd’hui, il y a des gens qui sont emprisonnés. Se précipiter à aller vers des discussions comme ça de manière légère, avec un ministre, ça ne va pas dans le sens du combat que nous sommes en train de mener pour libérer notre pays »

S’agissant des manifestations de rues envisagées par le FNDC le 8 juin prochain, cet opposant est catégorique

« Moi personnellement je marcherai le 8 juillet. Même si je suis seul, je marcherais ce jour. Je ne sais pas ce qui va se passer ! »

                     Par Abdul Karim Barry  Pour couleurguinee.info