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Depuis la détection des cas positifs de coronavirus à la  maison centrale  de Conakry, on se demande quelles sont les réalités dans les prisons centrales à l’intérieur du pays. A Kankan, selon un constat fait ce jeudi 7 mai 2020, les autorités judiciaires ont pris une batterie de mesures, pour éviter une propagation du Covid 19 dans la maison carcérale.

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A l’entrée du plus grand établissement pénitentiaire de la région, un arsenal de dispositifs sanitaires est visible. Avant de franchir la porte, tous les visiteurs, sont priés de se soumettre à l’examen rapide du thermo flash. Dans l’enceinte, plusieurs kits sanitaires sont installés un peu partout. Les gardes pénitentiaires veillent au respect de la distanciation sociale ; entre visiteurs et détenus est entre autre une des mesures. Selon Abdoul Karim Camara, régisseur de la maison centrale de Kankan, depuis la détection du premier cas confirmé du Covid 19 à la maison centrale de Conakry, des mesures ont été prises à Kankan « Dès le premier cas du Covid 19 à Conakry, nous avons pris les dispositifs sécuritaires, en mettant en place, les kits sanitaires et les thermos flash. Le lavage des mains est obligatoire ici à la maison centrale, à la rentrée comme à la sortie. Dans la cour, nous avons une dizaine de kits de lavage des mains, toute personne qui vient, est flashée avant d’être dans la salle. Ensuite, la distanciation sociale est respectée entre les visiteurs et les détenus, de la rentrée jusqu’aux cellules. Les nouveaux arrivants sont soumis à des tests avant leur intégration, nous avons les médecins qui sont chargés de ce travail. Les cas les plus compliqués, sont référés à l’hôpital régional de Kankan » A-t-il dit.

Mais à côté de tous ces dispositifs sanitaires bien respectés, on dénote aussi quelques constats alarmants. Alors que le désengorgement des prisons est vivement conseillé par l’organisation mondiale de la santé et les organisations des droits de l’homme, ils sont nombreux actuellement en détention dans cet établissement pénitentiaire. Au total  200 détenus, pour seulement 7 cellules.

 

Par conséquent, on peut retrouver dès fois jusqu’à 40 détenus dans une même cellule. D’où une violation flagrante de la mesure des autorités, interdisant les regroupements de plus de vingt personnes.

Abdoul Karim Camara, le régisseur nous fait le point sur ce surpeuplement illicite « Comme vous le savez, il y a la surpeuplement. Aujourd’hui, nous avons 202 personnes à la maison centrale de Kankan. Elles sont reparties dans 7 cellules, donc au moins, une cellule peut prendre 42 ou 43 détenus alors que la capacité théorique de la prison est de 100 à 150 détenus. Le personnel est au nombre de 12 y compris moi. Ce nombre est insuffisant mon frère » A-t-il dit.

Dans le but de désengorger cette maison pénitentiaire, à en croire le procureur de la république près le tribunal de première instance de Kankan, Aly Touré,  la liste de certains détenus libérables a déjà été envoyée au département de la justice à Conakry pour validation.

Par Mariama Tata Diallo pour couleurguinee.info