Affluent du Niger, le fleuve Milo est une rivière qui arrose la ville de Kankan vers le sud. Elle a une longueur de 330 kilomètres et un bassin versant qui couvre une superficie d’environ 13.500 Km2.

Autrefois considéré comme le plus beau des joyaux de Kankan, de nos jours le fleuve Milo ne vaut pas mieux qu’un dépotoir d’ordure. Le constat est tout simplement ahurissant. Au-delà d’être la cible de plusieurs exploitants artisanaux, les alentours de ce cours d’eau, sont devenus les poubelles par excellence des citoyens dans la commune urbaine.

C’est une réalité accablante qui semble bien laisser indifférent presque tout le monde. Mais surtout, des responsables en charge de l’environnement, qui se sont désintéressés de cette situation dramatique du Milo, en voie de disparition.

Tous les jours de la semaine, sont visibles au bord du fleuve Milo, des fabricants de briques, des laveurs d’automobile. Mais, aussi des gens qui extraient le sable. Il y a des cultivateurs, des éleveurs, des femmes de ménages. On n’oublie pas des dealers et des fumeurs de stupéfiants. Ce sont des milliers de personnes qui s’y donnent rendez-vous et vaquent tranquillement à leurs occupations sans se préoccuper des impacts de leurs actions sur ce fleuve

Parmi tout ce beau monde, qu’on retrouve donc le long de la berge allant du quartier Banakoroda au quartier Energie, il est si alarmant de voir des citoyens en tout état de cause, qui viennent munis des charrettes et poubelles pour y décharger toutes sortes d’ordures tandis que d’autres profitent même de l’occasion pour faire leurs besoins fécaux et urinaires.

L’ambiance est désagréable, même l’air qui est censé être pur, est pollué par des odeurs nauséabondes à couper l’appétit à tous visiteurs.

Egalement, du côté de ses deux rives, cette rivière est actuellement prises d’assaut par des fabricants de briques artisanales envers lesquels, le chef de l’Etat, quand bien même conscient de la gravité de leur action sur l’environnement, n’a toujours pas honoré sa promesse de les doter de machine afin de les dispenser des fours qu’ils utilisent et qui ne laisse aucun répit aux berges.

Les extracteurs de sable eux, procèdent à leur exploitation en s’attaquant au lit de cette rivière. Chaque jour, ils plongent en profondeur et à l’aide de récipients, ils ressortent toujours avec de grandes quantités de sable qu’ils stockent en bordure pour les camionneurs.

A cause de toutes ces  réalités qui précèdent, selon des nombreuses personnes, le fleuve Milo qui était navigable jusqu’au Mali voisin  ne l’est plus. La pêche qui s’y pratiquait activement, a cessé faute de produits halieutiques.

Le comble, jusqu’à ce stade, la condition de cette rivière échappe à toutes les politiques de développement local, aux ONG et même aux agents des services de protection de la nature.

Par Mariama Tata Diallo pour Couleurguinee.info