Ils étaient nombreux en cette période de pandémie à se retrouver à la Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie de Guinée (BICIGUI). Malgré les mesures de restriction, ces fonctionnaires qui ont leurs salaires domiciliés à la banque, ayant appris qu’il y a eu virement de leurs salaires, sont venus en grand nombre ce mardi, 28 Avril 2020 pour se faire payer. Informé de ce grand regroupement, le préfet Aziz Diop s’est fait accompagner par les responsables des services de sécurité pour venir ordonner la fermeture immédiate de la Banque.

« C’est une attitude irresponsable. Et les responsables de banque et les clients ont fait  preuve d’irresponsabilité. Pourquoi faire entasser les gens comme ça sans aucune mesure de  proximité, alors que nous sommes dans une situation exceptionnelle. J’ai dis au directeur de la BICIGUI, de fermer les lieux en cette circonstance  sinon je ferai intervenir les services de sécurité ». A déclaré le préfet devant les journalistes.

Cette irruption des autorités, n’a pas été du goût de certains fonctionnaires à l’image de cet enseignant rencontré qui, sous couvert de l’anonymat a laissé éclater sa colère.

« Mon frère nous avons faim. On ne peut pas rester à la maison comme ça, sans venir chercher notre salaire. On n’acceptera pas que quiconque vienne pagailler ici. Pourquoi il ne va pas fermer le marché ? Ce n’est pas de notre faute si la banque est désorganisée. Qu’alpha Condé arrête de nous envoyer des faux préfets pour nous foutre la merde. Ils n’ont qu’a nous laisser prendre notre argent, nous on a faim ». S’est-il défoulé.

Cependant, d’autres ont plutôt salué cette décision de l’autorité préfectorale « Franchement, moi je trouve logique cette réaction de l’autorité. Nous sommes en situation d’Etat d’urgence sanitaire, alors de tel rassemblement est vraiment de nature à mettre en péril les efforts pour limiter la propagation du virus ». A soutenu Mory Kourouma ‘’Eder’’.

A rappeler qu’en raison de la forte propagation du COVID-19, le gouvernement a interdit tout regroupement de plus de 20 personnes. Mais le hic, c’est que partout en Guinée notamment à Kankan, les autorités, elles-mêmes ne manquent jamais de ménager ladite mesure quand ça les arrange.

Par Mariama Tata Diallo pour couleurguinee.info