Suite à la décision du chef de l’Etat Guinéen qui a rendu obligatoire le port des bavettes dans les lieux publics, les forces de sécurité dans l’application de cette décision en rajoutent. A Kankan, les citoyens se plaignent et dénoncent ce comportement.

Abdoulaye Diallo, citoyen salue la mesure mais dénonce la manière : « Moi, je pense qu’on doit respecter le port obligatoire des bavettes, parce que c’est pour éviter la maladie. Mais, la manière dont les forces de sécurité agissent pour faire respecter cette mesure, n’est pas bonne. Ils brutalisent les gens et on ne sait même pas où vas l’argent de la contravention qu’ils prennent. Je pense qu’il y a une autre méthode à adopter sans passer par la violente » A-t-il dit.

Amadou Diallo, lui, invite les forces de sécurité à aller petit à petit avec les citoyens, car estime t-il, ils ne sont pas habitués au port des bavettes. Selon lui, porter est plus rassurant que d’avoir les pièces d’identité d’un engin dans la circulation actuellement.

« Il faut dénoncer quelques mauvaises habitudes des forces de sécurité dans les opérations de contrôle du port des bavettes. La population guinéenne n’est pas habituée au port obligatoire des bavettes, c’est en vigueur, il y a moins d’un mois. Ils doivent faire petit à petit, parce que l’esprit oublie. Ils ne doivent pas non plus profiter pour extorquer de l’argent aux pauvres citoyens. Actuellement, ce qu’on a remarqué, c’est que si vous avez votre bavette dans la circulation, tout ce qu’ils contrôlent, ils ne contrôlent plus les pièces des engins roulants » A-t-il dit.

Selon Mamadi Cissé, président d’une société commerciale de la place, ces opérations de contrôle du port obligatoire des bavettes est un tremplin pour les forces de sécurité.

« C’est une opportunité pour les forces de services et de sécurité pour avoir de l’argent. Déjà, il y a de la corruption qui bat son plein dans le pays, donc par endroit, les citoyens qui violent le port obligatoire des bavettes, sont confrontés à des problèmes, parce que les forces de l’ordre leur retirent de l’argent et ceux qui n’en n’ont pas reçoivent des coups de fouet, d’ailleurs l’argent qu’ils payent, ça va où ? C’est la question que les gens devraient se poser » A-t-il dit.

Malgré toutes les mesures de restriction imposées par le chef de l’Etat Alpha Condé, la Guinée continue inexorablement à enregistrer des cas de contamination au Coronavirus, d’où la peur des citoyens.

Par Mariama Tata Diallo pour Couleurguinee.info