Au nombre des mesures prises par le Président de la République, en riposte contre le Coronavirus, on note la fermeture des lieux de culte (mosquées et églises) pour éviter le regroupement de plus de 20 personnes. Comme partout en Guinée, cette décision ne fait pas que des heureux, elle joue aussi sur le quotidien de plusieurs citoyens, qui ne vivent que de charité. C’est le cas des mendiants qui campent devant la grande mosquée de Kankan. Ils subissent de plein fouet les conséquences de la fermeture des mosquées.

C’est une véritable descente aux enfers pour des personnes à mobilité réduite aux abords de la grande mosquée de Kankan. Ce vendredi 17 avril 2020, est le 4ème vendredi qui rime avec la fermeture de cette maison de Dieu, comme tous les autres lieux de cultes du pays. Habituellement, ces mendiants gagnent leur pain quotidien les vendredis, ce qui n’est pas le cas depuis pratiquement un mois maintenant. Lancinè Condé un ds mendiants dit que, depuis la fermeture de la grande mosquée, son chiffre d’affaire a dégringolé

« Tout le monde est préoccupé par cette maladie et nous, nous ne gagnons rien à manger. De nos jours, celui qui a 15.000 fg par jour, peut se contenter de ça, moi je pouvais gagner 40.000 à 50.000 fg. Je demande aux autorités et personnes et bonne volonté de nous venir en aide, nous souffrons ici pour trouver de quoi manger » s’est lamenté ce mendiant

Chaque vendredi, Adama Kourouma, originaire de la sous-préfecture de Tokounou, située à près de 100 kilomètres de Kankan, gagnait plus de 50.000 fg. Mais pour ce vendredi 17 avril 2020, il n’a gagné que 10.000 fg « Depuis qu’ils ont fermé la mosquée, rare sont les personnes qui viennent nous donner de l’argent, donc on est obligé d’aller marcher sous le soleil. Jadis, je pouvais gagner ici plus de 50.000 fg chaque vendredi, mais pour aujourd’hui, je n’ai gagné que 10.000 fg »

Cette crise sanitaire que connait le monde entier frappe de plein fouet des mendiants de la commune urbaine de Kankan, selon les observateurs, le gouvernement et les personnes de bonne volonté devraient venir en aide à ces personnes à mobilité réduite.

Par Mariama Tata Diallo pour couleurguinee.info