Le Coronavirus continue de faire rage dans notre pays. Ses impactes, ne sont pas que direct mais aussi indirect. Il n’épargne aucune couche sociale et aucun domaine d’activité quel qu’il soit. Dans la commune urbaine de Kankan, le constat révèle que, les jeunes filles travailleuses de sexe, sont parmi ceux qui subissent de plein fouet les effets collatéraux et négatifs de cette pandémie de Coronavirus.

Il est 23h 30 minutes ce mercredi 3 juin 2020, nous sommes au quartier ex-Aéroport dans un mini bar appelé le DESTIN, On ne voit aucun dispositif de prévention anti-COVID-19 installé, les consignes édictées et les gestes barrières  sont foulés au sol.

Mais ce qui angoisse le plus les nombreuses jeunes filles professionnelles, c’est la rareté des clients comme l’explique, notre première interlocutrice sous couvert de l’anonymat « D’habitude ce sont les gens qui venaient me trouver ici, mais maintenant là, c’est moi-même qui pars chercher les clients, tout ça est dû à cette maladie, Il y a aussi des  gens qui sollicitent nous déplacer, on peut gagner beaucoup d’argents, mais  je trouve ça trop risqué. Avant la Covid-19 je n’acceptais pas. Mais en ce moment, on n’a pas le choix » A-t-elle dit.

Une seconde, rencontrée dans un autre établissement autrefois populaire de la place, Le CIEL, ajoute pour sa part, que parfois elle se fait déplacer par ses clients, jusque dans leur domicile et cela pourrait lui rapporter jusqu’à 300.000 fg « Ce n’est pas un problème d’avoir du plaisir avec moi, tu payes les 40.000fg. Pour un déplacement, pour aller chez toi, je double le prix et tu payes la moitié ici avant qu’on ne bouge. Il y a plus de travailleuses de sexe ici actuellement que de clients, c’est pourquoi on se querelle pour avoir des clients. Bien avant cette maudite maladie, je pouvais encaisser par nuit  jusqu’à 300.000 de nos francs comme recette. Mais, au moment où je vous parle, il est très difficile d’avoir 50.000 fg » A-t-elle regretté.

Pendant la période de couvre-feu, il était encore plus difficile pour ces jeunes demoiselles qui ont choisi de gagner leur vie dans le sexe, de mener leurs activités.

Par Mariama Tata Diallo pour Couleurguinee.info