Un conflit d’une vingtaine d’année oppose le secteur Wondolayah à Celui de Kambaliyah, tous relevant de la sous préfecture de Damakania. Ce conflit a engendré ce samedi 12 avril 2020 des  dégâts matériels, des arrestations et plusieurs personnes ont été blessées.

C’est un domaine de 554 hectares,  situé à 7 kilomètres du centre urbain de Kindia qui oppose le secteur Wondolayah qui relève du district de Comoyah à celui de Kambaliyah relevant du district de Goleyah. Pour le président du district de Comoyah, Soriba Keita se sont des jeunes de Kambaliyah qui sont allés saccagées les maisons de Wondolayah avant d’emporter des motos.

« Ce sont des gens de Kambaliyah qui sont venus jeter des pierres sur notre hameau ici à Wondolayah, saccager les maisons, détruit les biens des gens et voler même l’argent avec des motos et consort. L’origine, c’est le problème de terrain entre nous et les gens de Gningnima dont le jugement a été rendu en faveur de mes frères. On a fait la remise de leur domaine devant les autorités de la sous préfecture et la gendarmerie sous l’ordre de Monsieur le Procureur de la république près le tribunal de première instance de Kindia. Donc hier on procédait à l’exécution des travaux, les gens de Kambaliyah sont venus nous jeter des pierres. Ils ont cassé les portes, ils sont rentrés  dans les maisons et ont pris des objets et de l’argent. Nous aussi, on a informé les autorités et au moment où je vous parle plus de 10 habitants de Kambaliyah sont arrêtés. » Explique-t-il

Plusieurs habitants de Kambaliyah qui passaient à Wondolayah ont été arrêtés par les jeunes de Wondolayah, sous l’ordre de la gendarmerie. C’est le cas de Aissatou Bah, accusée d’avoir gardé dans sa maison à Gningnima (un hameau proche de Wondolayah ) les jeunes de Kambaliyah

« Moi,  j’étais dans la douche lorsque je les  ai trouvés chez moi. Ils m’ont dit de leur donner ma clé, qu’un jeune de Kambaliyah est dans ma maison. J’ai tiré la maison et je leur ai dis qu’il s’est enfermé de l’intérieur. Dès qu’ils ont offensé la porte, ils ont attrapé le jeune et un a dit qu’on m’attrape aussi. C’est ainsi que j’ai pris la fuite. Ils m’ont trouvée chez les voisins et ils m’ont amenée ici. Ils détiennent mon téléphone. Moi, je ne suis pas complice et personne n’est dans ma maison. Si vous ne me croyez pas allons voir. » A expliqué Aissatou Bah

Sur la route de Kambaliyah, où les gendarmes sont partis arrêtés les jeunes, une femme se trouvait seule dans la forêt en train de pleurer. Pour elle, son argent une somme 700.000fg aurait été emportée par les gendarmes « J’ai quitté Conakry hier et tôt le matin je suis descendue au bas-fonds pour arroser, c’est ainsi que l’une de nos filles est descendue en me disant « ma marâtre M’mah Soumah courrons, il y a des militaires qui sont en train de tirer ». Je lui ai demandé comment je peux courir mes enfants sont là-bas ?  Au moment où je montais, j’ai vu les gens courir. Je suis restée et après je suis parti à la maison. Arrivée, j’ai trouvé la porte gâtée, il n’y a plus nos motos au salon, et mon argent que j’ai mis sous le lit. J’ai envoyé de la tomate et les feuilles nana à Conakry, j’avais plus de 700.000fg, les militaires ont tout emporté » Explique M’mah Soumah

A Kambaliyah, plusieurs dégâts ont été enregistrés par les habitants. Interrogé sur l’origine de ce conflit, l’un des doyens explique « C’est un conflit domanial qui est entre Comoyah et nous. Ils veulent  prendre toutes nos terres pour eux. Nous avions tenu des assises, des jugements pendant 21 ans et le jugement a été rendu  cinq fois en notre faveur. Kindia a rendu un verdict en notre faveur trois fois, la cour d’appel 2 fois, et elle nous a donné le feu vert de faire le lotissement.  Nous étions sur ça, un papier nous ai parvenu en provenance de la cour d’appel, d’arrêter le travail. Après cet arrêt, la brigade de recherche nous a dit  de libérer le terrain que c’est à eux désormais de garder le domaine. Dès que nous avons quitté,  ils ont commencé à revendre le terrain. Je suis parti me présenter à la gendarmerie et ils ont réclamé le transport judiciaire de 500.000 fg et nous avons payé cela à maintes reprises. Nous étions sur ça, le mercredi maintenant, j’ai vu le sous préfet, Soriba Keita et le procureur en train de mettre les bornes, mais comme il y avait là-bas plus de 50 personnes je ne suis pas parti car le regroupement est interdit en ce moment. Hier ils sont revenus là-bas, c’est ainsi j’ai dit aux enfants d’aller leur dire de ne pas mettre les bornes là-bas. Dès qu’ils ont vu les enfants, ils ont pris la fuite en laissant là-bas leur moto et nous avons envoyé les motos ici. La soirée, notre huissier de justice nous a autorisés à envoyer les motos à l’habitat. Ce matin, nous, nous étions là, les gendarmes sont venus et ils ont commencé à frapper, à casser les maisons, ils ont usé de gaz lacrymogènes en blessant plusieurs citoyens. Au moment où je vous parle, ils ont arrêté ici à Kambaliyah 13 personnes. On se demande où nous en sommes par rapport au verdict de la cour d’appel ? » Explique le doyen Fodé Issiaga Soumah.

Rien n’est encore clair sur la propriété de ce domaine. Chacune des deux parties dit être en possession des documents qui attestent qu’elle est propriétaire du domaine.

Par  Bountouraby Dramé, Kindia pour couleurguinee.info